Par ses délibérations d'avril 1998 et de février 1999 le conseil municipal de Rennes décide de baptiser une allée située près du canal de la Vilaine du nom de celle qui fut parfois surnommée la « Robin des Bois bretonne ». Suivront une Maison associative puis une crèche.

Marie-Louise Tromel voit le jour le 6 mai 1717 à Porz-en-Haie près du Faouët dans le Morbihan actuel. Avec avec ses quatre frères et sa sœur, elle connaît une enfance misérable et se distingue par son arrogance, sa rouerie mais aussi par son intelligence et son courage. Elle se livre à de fréquents larcins et n'hésite pas à rançonner les gamins de son âge.
A 23 ans elle devient la cheffe d'une troupe d'une quarantaine d'hommes qu'elle dirige avec une autorité qu'aucun ne lui conteste. Parmi les membres de ce qu'on appellerait aujourd'hui « un gang » se trouve Henri Pezron un petit noble de la région qu'elle épouse en secret. Marion a été surnommée « finefont » ce qui signifie fine et rusée ; tout naturellement on appelle sa troupe « la Compagnie Finefont »
Marie-Louise, que l'on décrit comme une rousse flamboyante, établit son repaire sur les rives de l'Ellée une rivière proche du Faouët. C'est ainsi que pour tous elle devient Marion du Faouët.
Les brigands écument une grande partie de la Cornouaille. Ils attaquent et détroussent marchands, colporteurs et voyageurs que Marion a repéré un peu plus tôt sur les foirails et les marchés et qui ont eu la folie d'un peu trop exhiber des bourses aux renflements prometteurs.
Mais sans jamais verser le sang. Les voisins et les pauvres sont épargnés. Mieux, Marion du Faouët reverse à ces derniers une part des butins.
Car c'est elle qui décide de la façon de disposer des fruits de ces vols et de leur répartition.
Personne ne pense à lui discuter ce droit.
Arrêtée une première fois en 1746 en compagnie de quatre de ses compagnons, dont son mari, elle est marquée au fer rouge de la lettre V (voleuse) et condamnée au bannissement. Henri est pendu le 28 mars 1747.
Les hautes protections dont elle semble bénéficier et son caractère rebelle lui permettent de ne pas quitter la Bretagne. Et de continuer ses brigandages. Hélas, ses protecteurs peu à peu l'abandonnent. En danger elle quitte La Cornouaille mais en 1754 elle est arrêtée à Nantes.
Elle est jugée à Quimper et le 2 août 1755 elle est pendue dans cette même ville.
Défenseuse des pauvres, précurseure du combat féministe, bandit de grand chemin Marion du Faouët entre dans la légende. Mais on peut tout de même noter que hors des frontières bretonnes, elle reste inconnue contrairement à son homologue masculin, Mandrin, qui à la même époque se tailla une réputation nationale et durable.

Philippe Klein

De nombreux ouvrages racontent la vie de Marion du Faouet dont un à destination de la jeunesse ; un téléfilm a été réalisé en 1997 par la télévision française. Nous aimons particulièrement cet hommage rendu sur scène par Martine et Serge Rives.

 

On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

martha

 

Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

Dans la même rubrique, retrouvez également : Céline Boizard ou l'entrepreneuriat comme "une aventure humaine passionnante" ; Anne Lecourt admise dans la cour des grandes.