Dans quelques jours maintenant la 4ème Biennale de l'égalité femmes/hommes en Bretagne se déroulera à Lorient. Profitant, voilà quelques semaines, de la journée des femmes, Gaëlle Abily, vice-présidente de la région en charge de l'égalité et de l'innovation sociale, a présenté aux agents de la collectivité les avancées en matières d'égalité. La région Bretagne en sa qualité d'employeur se veut exemplaire. Breizh Femmes a recueilli à l'issue de cette rencontre le témoignage de l'élue.

« Depuis dix ans, la région Bretagne organise la journée du 8 mars en direction de ces agent-es et de ses salarié-es qui sont majoritairement des femmes (plus de 53%) mais restent sous-représentées dans les fonctions d'encadrement. Parce que depuis dix ans, aux côtés de la politique externe d'égalité femmes/hommes dans les politiques publiques, nous menons aussi une politique interne en tant qu'employeur. Comme chaque année, donc, il s'agissait aujourd'hui en plus d'un temps de convivialité et de culture, de réunir les agents pour faire l'état des lieux des avancées des dispositifs en leur direction.
En 2007, la région a adopté à l'unanimité une charte qui décline un certain nombre d'engagements concernant notamment l'accès à la formation des salarié-es, le fait de sortir des bilans sociaux sexués, l'accès des femmes aux postes d'encadrement, mais aussi une approche sexuée – ou non sexuée - des emplois ; en fait, on a intégré l'ensemble des dimensions RH de la collectivité et on s'est engagés à agir.
visuelbiennaleEn 2011, la région a obtenu le label égalité et aujourd'hui on doit faire une évaluation avant de reposer notre candidature en 2014. Ces trois dernières années, les points forts de la région ont été le développement de la formation à l'égalité de l'encadrement notamment l'encadrement supérieur ; nous avons voulons outiller l'ensemble de nos directeurs et de nos directions, leur faire comprendre pourquoi une politique d'égalité les concerne et pourquoi ce n'est pas une option dans la politique régionale. Quand on est directeur des transports ou DRH on a la même exigence en matière d'égalité ; il faut qu'ils s'emparent de ces questions-là et donc qu'ils se forment et acquièrent des compétences.
Nous avons également poursuivi la lutte contre les stéréotypes notamment dans notre communication aussi bien interne qu'externe avec tout un travail pour rendre visibles les femmes notamment quand il s'agit de femmes dans des métiers traditionnellement masculins ou l'inverse, pour nommer aussi les choses de manière plus égalitaire.
Quand on dit ce qu'on a fait ce n'est pas pour se satisfaire, c'est pour se donner de la force ; il faut regarder ce qui avance pour pouvoir continuer à conquérir de nouvelles mises en œuvre des droits!Le label égalité nous a permis de valider ce qui existait mais il ne faut pas en rester là. L'intérêt c'est aussi les contraintes qu'il impose pour poursuivre le travail parce qu'il y a tellement de champs à réinterroger qu'on n'a jamais fini ! En tous les cas, là, au bout de dix ans, nous, nous n'avons pas fini ! Faire le bilan, ce n'est pas se faire plaisir mais c'est se poser pour se dire : il y a quand même des choses qui ont bougé même si dans le même temps, évidemment, il y a des choses qui ont régressé ailleurs.
Au niveau national, depuis deux ans il y a une politique qui vient encourager ces dimensions-là pour autant peut-être que pour nombre de femmes la vie n'est pas plus facile ; il reste des combats à mener et il y en a beaucoup !
Nous préparons la Biennale qui va avoir lieu à Lorient les 16 et 17 mai prochain ; les agents vont y participer plus fortement encore que les autres fois notamment à l'occasion d'ateliers de formation pour les agents des collectivités publiques et d'un débat consacré aux politiques publiques.
J'ai aussi pour ma part évoqué le fait que les combats qu'on mène ici en Bretagne sont universels et rejoignent les préoccupations des femmes d'autres endroits du monde. La Biennale c'est aussi le moment pour faire se rencontrer cette diversité de femmes et on accueillera sans doute des témoignages d'Algérie ou du Mali.
Je suis allée voir des lycéennes il y a quelques semaines à Saint-Brieuc et il y a deux jours j'étais à Loudéac avec des femmes qui sont en retour à l'emploi après avoir élevé leurs enfants ; la première exigence pour toutes c'est l'égalité de salaire. Or, les femmes d'ailleurs, c'est aussi l'autonomie économique qu'elles revendiquent ; donc les combats qu'on peut mener ici, et nous en tant qu'employeur vis-à-vis de nos agents, servent évidemment à tout le monde. Les femmes ne s'opposent pas entre elles dans le monde et finalement sous des formes différentes, nous avons partout les mêmes préoccupations et les mêmes champs encore à investir. »

 

Témoignage recueilli par Geneviève ROY

Des infos et le programme sur le site de la Région

 

 

Powered by CoalaWeb

 

Rendez-vous littéraire

livreanneElle écrit l'enfance trahie, l'enfance bafouée, l'enfance meurtrie. Et ce qu'il en reste quand on devient grand-e et qu'il faut vivre avec, vivre quand même. Elle écrit la tendresse qui manque et l'âpreté des mots, la famille en miettes et la dureté des coups.

Pour son premier roman, Anne Lecourt, que Breizh Femmes suit depuis longtemps, livre un tout petit livre qui se lit d'une traite. Mais qui reste en mémoire. Une longue interrogation sur les relations mères filles, ce qu'elles sont et ce qu'elles pourraient être.

Entre résilience et réminiscence, ce personnage qui n'a-pas-de-nom, tangue d'un passé non dit à un avenir à construire ; un beau portrait de femme qui n'a pas fini de nous hanter.

On retrouvera avec bonheur Anne Lecourt le mardi 12 mars à 18h 30, à la Maison de Quartier Saint-Martin (Maison Bleue) pour un échange autour de son précédent livre « Les discrètes, paroles de Bretonnes »

Pour aller plus loin : Sept jours en face de Anne Lecourt, éditions Parole (2019) - 12 €