Avec l'automne, c'est l'heure de la rentrée. Entreprendre au Féminin (EAF) n'y échappe pas. L'association bretonne basée dans le Finistère et forte de trois antennes à Rennes, Lannion et Auray, est le premier réseau breton d'aide à la création d'entreprise pour les femmes.

A quelques jours du salon régional de la création et de la reprise d'entreprises, l'association a mobilisé ses troupes dans toute la Bretagne ; parce que vouloir créer sa boite, ce n'est pas juste avoir une bonne idée.

 

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« Les entrepreneurs qui réussissent sont ceux qui savent s'entourer » rappelle Anne-Marie Buloup devant une vingtaine de femmes de tous âges venues chercher des informations sur les ateliers proposés par EAF 35. Pour la chargée de mission du réseau en Ille-et-Vilaine, il est en effet primordial d'être accompagné dans une telle aventure qui nécessite de multiples compétences.

Pas question de tout apprendre en quelques semaines. Entreprendre au Féminin se positionne comme une étape dans le parcours des femmes, un moyen de rendre une idée plus concrète et d'apprendre à parler de son projet et à le valoriser. D'autres structures comme les chambres de commerce ou les boutiques de gestion, par exemple, prendront le relais pour apporter des aides plus techniques concernant notamment la gestion, le choix d'une structure juridique ou la réalisation d'un business plan. « Ce qui compte pour nous – explique Anne-Marie Buloup – c'est la personne dans sa globalité. Nous n'avons pas un regard d'appréciation sur le projet en lui-même ; nous donnons juste des outils pour apprendre à le structurer. Nous rendons chaque femme actrice de son propre parcours. »

Moins crédible si on est blonde

EAF1En septembre et octobre, les différents départements bretons démarrent des formations désormais bien connues dans le réseau EAF dites d'émergence de projets. Dans chacun des quatre lieux, une vingtaine de femmes va s'engager pour dix journées sur trois mois, pour des temps en groupe et/ou en rencontres individuelles. Une formation gratuite pour les demandeuses d'emploi qui a aussi pour but de mettre les femmes en réseau avant, pendant et après leur création. Gwénaëlle, accompagnée lors d'une précédente session, est venue dire combien « la connivence et le soutien entre les participantes » avaient pu être importants pour chacune.

Elles sont généralement demandeuses d'emploi et ont comme point commun de renoncer pour différentes raisons à un emploi salarié. Certaines ont des idées innovantes, d'autres ne veulent juste plus subir une hiérarchie ; beaucoup en ont assez d'être ou trop jeunes ou pas assez. Elles témoignent volontiers de leurs déconvenues que se soit face à d'éventuels employeurs ou lors d'entretiens à Pôle Emploi. Avant 25 ans, disent-elles, une femme n'est pas crédible car elle manque d'expérience ; entre 27 et 35 ans, les employeurs hésitent car elle risque d'être enceinte ; et dernièrement, l'une d'elles s'est entendue dire qu'après 40 ans, on n'embauchait plus de femmes parce qu'avec la ménopause, les humeurs étaient changeantes ! Ajoutez à cela, celles auxquelles on conseille (entendu à l'APEC) : « attention, vous êtes blonde, ne mettez pas de photo sur votre CV ! »

Alors, oui, quand on est femme et qu'on cherche un emploi, ou qu'on veut quitter celui qu'on occupe, on se tourne souvent vers la création. Parfois avec l'envie de créer des emplois, mais d'abord et surtout pour assurer sa propre activité. Et EAF est là pour aider toutes celles qui le souhaitent à faire émerger LA bonne idée, celle qui sera à la fois source d'épanouissement et de revenus.

Derrière une femme, se cache une famille

EAF2EAF Bretagne qui a contribué à la création de 282 entreprises, revendique des résultats positifs puisque 82% des femmes ayant participé aux formations ont franchi le cap décisif des 3 ans et 71% celui des 5 ans.

Forte de 350 adhérentes, c'est aussi un réseau de cheffes d'entreprises qui mutualisent leur expérience et leurs compétences lors de rencontres régulières sur le territoire breton. Une fois par mois, dans une ville différente est proposée une rencontre sur une problématique entrepreneuriale comme par exemple la communication, les stratégies marketing ou l'ouverture sur l'Europe.

Les Cafés Off sont aussi des lieux d'échanges et de rencontre informelles ouverts à toutes, femmes en cours de création ou ayant déjà créé leur entreprise mais aussi étudiantes, cadres, etc. Le prochain aura lieu à Redon le 30 septembre à 19h.

L'association sera bien sûr présente également au salon Entreprendre dans l'Ouest – aussi appelé JRCE - qui réunira les 9 et 10 octobre à Rennes une centaine d'exposants et proposera 120 conférences et ateliers pour permettre aux jeunes entreprises de développer leur réseau et aux futur-es entrepreneur-es de tester leur projet de reprise ou de création.

Un programme spécifique est en outre destiné aux femmes. Si on peut s'étonner d'y trouver un module sur « l'aisance corporelle et mentale » ou s'interroger sur l'atelier destiné à savoir « protéger sa famille » comme si cette question était purement féminine, on pourra tout de même noter des propositions sur le financement de projet (certaines aides et garanties sont spécifiques aux femmes) et se réjouir par avance d'entendre des témoignages de femmes cheffes d'entreprises qui viendront partager leur expérience.

Geneviève ROY

Photos Entreprendre au Féminin Bretagne

Pour aller plus loin :

- le site d'Entreprendre au Féminin

- le programme des JRCE

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

martha

 

Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

Dans la même rubrique, retrouvez également : Céline Boizard ou l'entrepreneuriat comme "une aventure humaine passionnante" ; Anne Lecourt admise dans la cour des grandes.