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Le monde change, et vous ? Tel était le mot d'ordre de l'édition 2015 de la Marche des Fiertés LGBTI de Rennes-Bretagne samedi 6 juin sous le soleil.

Dans une ambiance festive, comme chaque année, 3000 personnes ont traversé le centre ville de Rennes, au son d'une musique aux accents de boite de nuit.

Pourtant, malgré cet air de fête et le slogan repris en cœur « on vous fait des bisous », c'est bien de revendications qu'il était question car comme le rappelle le communiqué de presse rédigé à cette occasion par le Centre Gay Lesbien Bi Trans et Intersexe de Rennes « les actes haineux se banalisent et tant de droits humains restent encore à conquérir ».

 

Pour Julien Fleurence, président du CGLBTI, « l'Etat doit prendre à bras le corps la lutte contre les LGBTI-phobies notamment par des campagnes de prévention et de sensibilisation du grand public et la formation de ses administrations. » Une manière de rappeler que si les actes homophobes ont régressé en 2014, c'est surtout parce que les chiffres avaient atteint des records en 2013. La société a beau changer (lentement) les discriminations restent nombreuses et les lois tardent à reconnaître l'égalité des droits.

 

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Soutenue par des associations comme Amnesty International, des syndicats et partis politiques, la ville de Rennes et la région Bretagne, la Marche des Fiertés rassemble chaque année à Rennes, les militants de toute la région notamment les associations Andbraiz ou Multigenres 56 mais aussi les voisins de la Mayenne, exceptionnellement rattachés à la Bretagne.

 

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« Chacune et chacun doit être libre de vivre sa vie, de disposer de son corps, de son identité et de vivre pleinement sa vie sociale, sentimentale et sexuelle (...) Nous croyons que la société peut être plus douce, plus juste et plus solidaire. » Julien Fleurence, président du CGLBTI de Rennes.

« Nous marchons aujourd'hui mais aussi tout au long de l'année ; nous avançons ensemble pour construire l'égalité et décliner la culture du respect. » Geneviève Letourneux, conseillère municipale déléguée à l'égalité et aux droits des femmes.

 

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« Nos droits n'ont pas progressé ! Nos familles sont toujours dans l'insécurité sans la reconnaissance des parents sociaux ou de la coparentalité (...) Nous demandons que la PMA soit ouverte à toutes les femmes » rappelle Julien Fleurence évoquant également l'absence d'amélioration législative concernant le changement d'état civil des personnes transidentitaires ou encore l'interdiction du don du sang à vie à tout homme ayant eu un jour une relation sexuelle avec un autre homme. « Nous marchons pour cela ! » scande-t-il.

 

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Chaque semaine, la permanence du CGLBTI de Rennes accueille des personnes victimes de discriminations liées à leur orientation sexuelle ; des « violences – rappelle Julien Fleurence – qui poussent souvent à la peur, à la dépression, parfois au suicide. » « L'isolement et le silence tuent – dit-il encore – la solidarité que nous affichons ici est une arme face à la haine. »

 

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« Nous interpellons aujourd'hui le grand public : le monde change, et vous ? Que faites-vous pour l'accueillir ? » demande Julien Fleurence à la tribune ajoutant à toutes celles et ceux qui sont venu-e-s marcher : « continuons de porter la tête haute, fier-e-s de qui nous sommes ! »

 

Geneviève ROY

Pour aller plus loin :

Des informations pratiques et notamment les horaires des permanences et des groupes de partages sont accessibles sur le site du CGLBTI de Rennes ainsi que les coordonnées de toutes les associations membres ou partenaires du Centre à Rennes et sur toute la région.

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

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Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

Dans la même rubrique, retrouvez également : Céline Boizard ou l'entrepreneuriat comme "une aventure humaine passionnante" ; Anne Lecourt admise dans la cour des grandes.