Avec des slogans comme « nunca màs *» ou encore « nos droits régressent, nous, on proteste ! », ceux et celles qui défilaient dans les rues du centre-ville de Rennes ce samedi après-midi malgré la pluie étaient là pour défendre un droit durement acquis en son temps en France : le droit à l'avortement.

 Certes la loi Veil votée par le parlement français en 1975 ne semble pas aujourd'hui véritablement remise en cause mais la situation est bien différente dans d'autres pays et les manifestant-es rappelaient entre autres le climat tendu depuis les débats sur la loi dite du « mariage pour tous » et les montées des partis d'extrême droite un peu partout en Europe.
Le 27 décembre dernier, le gouvernement espagnol a validé un projet de loi prévoyant la restriction de l'accès à l'interruption volontaire de grossesse annulant la loi de 2010.
DSCN0277Rappelons par ailleurs que quelques jours plus tôt l'Europe avait rejeté le rapport Estrela qui inscrivait symboliquement l'accès à l'IVG comme un droit européen, et ce sans contrainte aucune pour les états membres. Les députés conservateurs, voire extrémistes, s'étaient prononcé contre ce rapport au prétexte que de telles lois doivent rester la primauté des états. Actuellement, l'IVG est autorisée de façon restrictive en Pologne et en Irlande, interdite à Malte et à Andorre et difficile d'accès en Italie où 80% des gynécologues feraient valeur leur « clause de conscience » pour refuser l'intervention.
Dans ce contexte les manifestations de soutien aux espagnol-es se multiplient en France tout à la fois pour être aux côtés des espagnol-es mais aussi pour redire à quel point les droits acquis ne le sont pas toujours définitivement. En France, près de quarante ans après le vote de la loi, l'IVG reste un acte médical particulier et les discours sur cette question sont la plupart du temps moralisateurs.

Geneviève ROY

 

Pour aller plus loin :

L'avortement est-il menacé en France ? "Il ne faut jamais baisser la garde" répond Joëlle Kauffmann, gynécologue retraitée et militante féministe dans Le Parisien

 

Les droits des femmes : un important enjeu européen. Lire la prise de position de deux eurodéputées sur Rue89 Lyon

* - « jamais plus » en espagnol

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Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

martha

 

Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

Dans la même rubrique, retrouvez également : Céline Boizard ou l'entrepreneuriat comme "une aventure humaine passionnante" ; Anne Lecourt admise dans la cour des grandes.