Oser porter une jupe dans un établissement scolaire n'est pas toujours facile.

Mais quand les jeunes eux-mêmes décident de lutter contre les préjugés liés à l'apparence, ils montrent qu'ils peuvent aller très loin !

Avec l'association Liberté Couleurs, voici venir le moment du Printemps de la Jupe et du Respect.

affiche2014

L'histoire commence en 2006. L'association Liberté Couleurs assure une de ses interventions habituelles en milieu scolaire au lycée agricole d'Etrelles à 40 km de Rennes. Au programme : permettre à des lycéens de s'exprimer sur les questions de sexualité (contraception, préservatif, VIH, etc.)

Très vite la conversation prend un tour inattendu ; les filles disent souffrir de l'attitude des garçons, du manque de respect qu'ils leur manifestent. Elles avouent : porter une jupe au lycée, ce n'est pas simple. Celles qui ont tenté l'expérience ont subi des moqueries et sont passées pour « des filles faciles. »

 

Les garçons s'étonnent de leurs propos. Jamais ils n'avaient pensé que leur attitude, plus maladroite qu'agressive, pouvait être blessante. Le dialogue s'engage ; il durera toute la séance et bien au-delà. Lors de la visite suivante, l'animateur de l'association a la surprise de voir que toutes les filles sont en jupes. Les garçons ont promis de se comporter avec respect.

Une idée qui s'exporte

Pourquoi le défi relevé par cette classe ne pourrait-il pas l'être par d'autres ?
Très vite, l'idée, reprise par l'association, fait des adeptes dans le lycée d'Etrelles d'abord puis dans d'autres établissements du département avant de s'exporter plus loin encore.

Aujourd'hui, les jeunes d'Ille et Vilaine – et d'ailleurs - s'apprêtent à vivre l'édition 2014 du Printemps de la Jupe et du Respect. Du 30 mars au 30 avril, les animations vont se succéder dans les établissements secondaires et autres lieux d'accueil des jeunes.

jupeoupantalonDes initiatives individuelles ou collectives voient désormais le jour chaque année ; des jeunes s'impliquent dans la création de supports d'expression (roman-photos, vidéos, expositions, spectacles, etc.), organisent des débats, visionnent des films...

Depuis 2009, de nombreuses structures de toute la Bretagne ont emboîté le pas de cette mobilisation pour lutter contre les stéréotypes et les préjugés et sensibiliser aux conséquences de comportements à caractère sexiste. D'autres régions (Rhône-Alpes notamment) proposent aussi de plus en plus de rendez-vous.

Les enseignants le disent, le Printemps de la Jupe et du Respect, connu désormais sous le diminutif PJR, laisse des traces chez les jeunes qui y participent. Des attitudes plus positives sont constatées dans les groupes ; individuellement, les jeunes participants prennent de l'assurance et apprennent à exprimer ce qu'ils ressentent. Non seulement les jeunes sont invités à changer leurs représentations voire leurs comportements mais ils ont l'opportunité de créer des outils qui seront ensuite utilisés par d'autres groupes. Une belle reconnaissance de leur travail !

Geneviève ROY

Pour aller plus loin - Coïncidence, lors des premiers échanges au lycée d'Etrelles, Brigitte Chevet se trouvait là. La documentariste tournait des images destinées à présenter le travail de l'association Liberté Couleurs. L'idée des jeunes l'a séduit. Elle a décidé d'en faire un film de 52 mn. Son titre : Jupe ou pantalon. Un dilemme pour les filles d'aujourd'hui dont les mères ou les grands-mères se sont battues pour porter des pantalons !

 

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

martha

 

Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

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