Comme tous les ans, et pour la 21ème fois, l'association le cancer du sein, parlons-en vient de lancer l'opération Octobre Rose.

Un mois entier pour parler de la maladie et surtout pour inciter les femmes à se faire dépister. Car comme le rappelle le site de l'association, si aujourd'hui en France une femme sur huit risque de développer un cancer du sein, le dépistage précoce peut, lui, sauver des milliers de vies.

Maryse Thaëron, est présidente du comité féminin 35. Toute l'année, et plus encore au mois d'octobre, c'est le message qu'elle veut apporter à toutes les femmes : « n'attendez pas pour faire votre dépistage et surtout n'ayez pas peur de le faire ! »

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« Nous sommes des femmes en bonne santé et nous nous adressons à d'autres femmes en bonne santé, pour qu'elles le restent. » C'est ainsi que Maryse Thaëron définit l'action de l'association qu'elle préside. Présents en Ille-et-Vilaine mais aussi dans une vingtaine d'autres départements, dont le Morbihan, les comités féminins, regroupés en une fédération nationale, ont fait de la prévention leur objectif principal.

marysethaeron1Maryse Thaëron insiste sur le fait qu'il s'agit bien de femmes – exclusivement- mais d'abord de simples « usagères » ; pas de professionnelles de la santé. Certes, nombreuses sont les adhérentes et bénévoles elles-mêmes touchées de près par la maladie, soit qu'elles ont été malades soit qu'elles ont eu dans leur entourage des femmes concernées, mères, sœurs, amies, etc. Mais, nombreuses sont aussi celles qui s'engagent uniquement par solidarité, pour, dit la présidente d'Ille-et-Vilaine, « être utiles aux autres et à la collectivité. »

« La peur n'évite pas le danger »

Le cancer du sein reste en France le cancer le plus fréquent chez les femmes mais aussi le plus meurtrier avec chaque année près de 49 000 nouveaux cas. Mais le chiffre que les comités français souhaitent mettre en avant est celui des guérisons. Si la maladie est détectée à un stade précoce, elle peut être guérie dans 9 cas sur 10.

Actuellement, un dépistage systématique et gratuit est proposé tous les deux ans aux femmes de plus de cinquante ans. Maryse Thaëron insiste : il faut y aller ! « Des femmes craignent ce dépistage – dit-elle – parce qu'elles craignent le résultat mais la peur n'évite pas le danger ! Elles ont tout à y gagner ! Avec un dépistage précoce, on évitera les traitements lourds et invalidants, et les situations dramatiques. »

Effectué par mammographie et échographie, le dépistage a pu être voilà quelques temps soupçonné d'induire lui-même des cancers liés à un excès d'exposition aux rayons X. Un risque très faible, rappellent les professionnels puisqu'il concernerait moins de 5 femmes sur 100 000 patientes dépistées. Néanmoins, Maryse Thaëron s'alarme d'un fléchissement du dépistage l'année dernière qu'elle met en lien avec cette suspicion de cancers « radio-induits ».

Cette année encore, elle mettra donc à profit le plus possible ce mois d'octobre pour répéter tout l'intérêt d'un dépistage qu'elle souhaiterait d'ailleurs voir proposé aux femmes dès l'âge de 40 ans. Car si deux tiers des cancers sont dépistés après 50 ans, les autres concernent donc des femmes plus jeunes. Et pour 1% d'entre eux, des hommes.

« Le dépistage n'est pas mortifère »

A défaut de mammographie – ou entre deux examens – les femmes peuvent bien sûr pratiquer quelques gestes simples, notamment de palpation, pour vérifier l'état de leurs seins. Mais, attention, prévient Maryse Thaëron, à ne pas générer d'inutiles angoisses. « Je pense – dit-elle – qu'il faut bien se connaître et bien connaître les bons gestes ! Etre aussi attentives à une perte de poids, une douleurs, une fatigue persistante, etc. » Le mieux, est bien sûr, d'en parler à son médecin traitant ou à son gynécologue et d'être plus vigilantes encore en cas de risques augmentés : antécédents personnels de cancer, antécédents familiaux de cancer et certaines prédispositions génétiques.

marysethaeron« La question du dépistage n'est pas une question mortifère ! - dit encore Maryse Thaëron - Au contraire, c'est être dans la vie. Notre travail consiste à dédramatiser, à rassurer. » Et rajoute-t-elle : « dans la majorité des cas, on ne trouve rien ! » Pour l'année qui vient, le comité féminin 35 souhaiterait intervenir davantage auprès des populations en grande précarité et en milieu rural où les dépistages sont encore moins pratiqués qu'en ville.

En attendant, c'est bien autour de la marche et de la course d'Octobre Rose, « un événement très attendu » que vont se concentrer ses efforts. Le samedi 11 octobre et le dimanche 12, dans le cadre de « Tout Rennes court » le comité français 35 comme chaque année invite toutes les femmes qui le souhaitent à s'associer à cette manifestation. « Venez marcher, venez chanter, venez rire, avec des perruques, avec des youyous, faites du bruit, rendez vous visibles ! » dit Maryse Thaëron qui souligne que le sport est un élément essentiel à la fois dans la prévention des maladies mais aussi dans leur guérison.

Pour celles qui n'aiment ni courir, ni marcher, il reste le geste symbolique de porter un ruban rose pour s'associer à la campagne. Pourquoi rose ? Parce que c'est la couleur des femmes ? L'idée peut gêner, mais tout est en ordre, en mars la campagne de dépistage du cancer colorectal sera bleue !

Geneviève ROY

 Sur le même sujet : l'interview de Carole Bernard, du réseau Onc'Oriant

Pour aller plus loin :

Octobre Rose c'est dans toute la France ; des manifestations diverses et des courses sont aussi organisées partout en Bretagne : le 5 octobre à Lorient, 12 octobre à Vannes et à Rennes

C'est aussi l'occasion pour les femmes de se lancer quelques défis comme les Givrées, ces nantaises qui attaquent la montée de l'Alpe d'Huez ou les Deuch's qui traversent la France en 2CV

Plus d'infos sur la maladie : Institut National du Cancer

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Rendez-vous littéraire

livreanneElle écrit l'enfance trahie, l'enfance bafouée, l'enfance meurtrie. Et ce qu'il en reste quand on devient grand-e et qu'il faut vivre avec, vivre quand même. Elle écrit la tendresse qui manque et l'âpreté des mots, la famille en miettes et la dureté des coups.

Pour son premier roman, Anne Lecourt, que Breizh Femmes suit depuis longtemps, livre un tout petit livre qui se lit d'une traite. Mais qui reste en mémoire. Une longue interrogation sur les relations mères filles, ce qu'elles sont et ce qu'elles pourraient être.

Entre résilience et réminiscence, ce personnage qui n'a-pas-de-nom, tangue d'un passé non dit à un avenir à construire ; un beau portrait de femme qui n'a pas fini de nous hanter.

On retrouvera avec bonheur Anne Lecourt le mardi 12 mars à 18h 30, à la Maison de Quartier Saint-Martin (Maison Bleue) pour un échange autour de son précédent livre « Les discrètes, paroles de Bretonnes »

Pour aller plus loin : Sept jours en face de Anne Lecourt, éditions Parole (2019) - 12 €