Pour les femmes migrantes, la langue française est la clé d'une intégration réussie. Et « quand une femme maîtrise la langue et le fonctionnement de la culture française, ce sont plusieurs familles et de nombreux jeunes qui sont entraînés dans un processus d'émancipation » rappelle Fatima Zédira, fondatrice et coordinatrice de l'association Déclic Femmes à Rennes.

 Fatima

 

 

« Une de nos meilleures gratifications c'est de voir ces femmes retrouver leur dignité, leur sourire, leur volonté de construire du positif dans la société d'accueil » dit-elle encore au moment de souffler les vingt bougies de son association qui compte aujourd'hui une trentaine de bénévoles.

Chaque année, dans trois quartiers différents, c'est à plus d'une centaine de femmes venues de tous les pays que l'association permet « de mieux maîtriser l'ensemble des circuits d'une société très complexe. »

 

Témoignage de Marie-Noëlle Delaporte, présidente depuis 2010

marienoelledelaporte

 

« La première des activités de Déclic Femmes, c'est d'apprendre le français. Nous accueillons des femmes de tous les pays ; nous avons 90 nationalités différentes. Certaines femmes ne sont jamais allées à l'école ; d'autres ont déjà eu une scolarité plus ou moins importante ; d'autres, encore, ont fait des études supérieures et ont obtenu des diplômes.

Quel que soit leur niveau, leur grand souhait est de progresser et de pouvoir parler. Notre rôle est de les encourager, de ne jamais leur dire des choses négatives mais surtout pas d'attendre des résultats. On n'est pas à l'école ! Quand elles peuvent, elles changent de niveau, mais elles le font à leur rythme. J'ai vu une femme qui ne savait ni lire ni écrire et qui pleurait en disant : « je n'y arriverai jamais ! » Elle a réussi à évoluer et aujourd'hui, elle travaille.

Une ouverture sur le monde

L'objectif de l'association est de permettre aux femmes migrantes d'acquérir une autonomie personnelle et professionnelle. Car elles veulent toutes travailler, et ce qui les démoralise c'est quand on leur refuse un emploi parce qu'elles ne parlent pas assez bien le français.

Je suis bénévole à Déclic Femmes depuis 2007. J'étais éducatrice spécialisée, j'aimais beaucoup mon travail et au moment de ma retraite j'ai voulu m'engager auprès d'une association qui permettait aux migrants d'apprendre le français. J'ai rencontré Fatima et en dix minutes, j'étais devenue bénévole ! J'ai souhaité prendre en charge les débutantes... et certaines sont débutantes depuis 2007 ! Même quand elles parlent bien, certaines ne veulent pas forcément changer de groupe.

Nos activités ont aussi pour fonction d'ouvrir sur le monde. Nous organisons des visites ; on est allées voir le centre de Rennes, l'hôtel de ville, le Palais de Justice, etc. On est aussi allées visiter le château d'Angers. Quand on est allées au jardin du Thabor, elles ont accepté de s'asseoir à la terrasse du café pour prendre une consommation. Elles étaient réticentes au départ, mais ça a été une véritable révélation pour elles !

On organise aussi des conférences ou des rencontres par exemple avec le Planning Familial, des actions de lutte contre les discriminations liées à l'origine et au genre notamment dans le cadre des journées des droits des femmes. On part toujours de leurs questionnements. Nos ateliers informatiques sont aussi très appréciés ; elles découvrent qu'elles peuvent faire leur CV toutes seules.

Fières et attachantes

Ce qui compte pour nous, c'est que les femmes puissent sortir de chez elles même si ce n'est pas toujours facile parce qu'il y a souvent le mari derrière. Ce que nous cherchons c'est qu'elles prennent leur autonomie et ça marche plutôt puisque nous proposons des cours sur trois lieux : Maurepas, le Blosne et Villejean, le quartier « historique » de Déclic Femmes. Et nous constatons qu'elles se déplacent dans les différents quartier ; le métro, elles connaissent ! Pour elles, il n'y a jamais assez d'heures de cours ; elles voudraient venir tous les jours, même pendant les vacances. Au fil du temps, elles créent des liens entre elles et à l'approche des vacances, je les vois qui échangent leurs numéros de téléphones. Ce sont des femmes très fières et très attachantes. »

Propos recueillis par Geneviève ROY

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