On avait aimé Sonia Rostagni dans la pièce Au voleur sur les violences conjugales. Elle revient avec un sujet non moins grave : la maladie.

A l'occasion d'Octobre Rose, la Compagnie « des rOnds dans l'eAu » présente une nouvelle pièce écrite par Anne Pia et Rachid Bouali sur une idée de la comédienne qui a voulu parler d'un sujet qu'elle connaît bien : le cancer du sein.

Avec Cachez-moi ce crâne,  elle a eu envie de « faire de ce truc horrible un objet esthétique » !

cachezmoi 

« Pendant que j'étais malade, j'ai jeté plein de trucs sur le papier – explique Sonia Rostagni – Anne et Rachid ont remanié tout ça et y ont mis leur patte. » A l'arrivée le texte de ce monologue ne parle pas seulement d'elle. « N'importe quelle femme peut s'y retrouver – dit la comédienne – je l'ai testé en lecture publique devant des patientes et elles se sont reconnues. »

A travers une galerie de personnages, le texte questionne les tabous de la maladie mais parle aussi du rapport au conjoint ou à la famille, de l'image sociale, du business autour du cancer. Sonia Rostagni dit vouloir interroger la féminité. « Comment vit-on quand on n'a plus de sourcils, plus de seins, plus de cheveux ? - questionne-t-elle - ce sont des choses qui m'ont beaucoup choquées durant ma maladie. »

Un message de résilience, d'optimisme

La comédienne a continué à travailler pendant ses traitements et se souvient avoir « joué avec les apparences », ce qu'elle appelle le dehors/dedans. « A l'extérieur, je portais une perruque et personne ne soupçonnait que j'avais un cancer. A l'intérieur, j'étais épuisée. Mais j'ai pu garder ma féminité tout en étant malade » confie-t-elle.

« C'est un message de partage, de résilience, d'optimisme » insiste Sonia Rostagni qui assure qu'il s'agit là d'un spectacle léger, plein d'humour, l'histoire d'une femme qui finalement, grâce à la maladie, « rencontre la personne qu'elle est vraiment ! »

Si « Cachez-moi ce crâne » a bien été conçu comme un « objet artistique », la pièce est devenue un outil pour parler de la maladie et surtout du dépistage. C'est ainsi en tout cas que s'en sont emparé les associations et autres hôpitaux qui le programment en ce mois d'octobre, suivi la plupart du temps d'un échange avec le public.

Une force de vie au cœur de la fragilité

En parallèle, la Compagnie « des rOnds dans l'eAu » propose une exposition réalisée par Véronique Durupt, complice de Sonia Rostagni depuis plusieurs spectacles. « On a fait des photos pendant que j'étais malade – explique la comédienne – puis Véronique a eu l'idée de faire des vitrines dans lesquelles elle met des objets collectés auprès de personnes qui ont elles-mêmes suivi ce long parcours de traitements. »

Présentés ensemble ou séparément le monologue et l'exposition, intitulée « Journal d'un corps à l'épreuve de la vérité », sont deux œuvres indépendantes. Pour Véronique Durupt, metteuse en scène et plasticienne, ce travail « dévoile une incomparable force de vie au cœur de la fragilité de l'être confronté à l'image de son corps en danger. » Ce qu'elle a voulu c'est : « transformer l'épreuve en devenir ». Là aussi, un message d'espoir.

Geneviève ROY

 

Pour voir le spectacle :
Représentation du monologue « Cachez-moi ce crâne » le 8 octobre à 18h au CHP de Saint-Grégoire dans le cadre d'Octobre Rose ; le 9 octobre à 20h 30 au centre culturel le Sabot d'Or à Saint-Gilles dans le cadre du Festival des Sciences de Rennes Métropole ; le 13 octobre au Centre Hospitalier Eugène Marquis à Rennes

Pour voir l'installation photographique :
"Journal d'un corps à l'épreuve de la vérité", à la Mairie de Saint-Gilles du 5 au 11 octobre ; le 13 octobre au Centre Hospitalier Eugène Marquis à Rennes

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