Elles le vivent comme un complément aux traitements.

Parce qu'elles sont atteintes d'un cancer du sein, l'activité est adaptée et le maître d'armes tout spécialement formé.

Avec Solution Riposte , elles ont découvert une façon de « se vider la tête » mais aussi d'accélérer la reconstruction de leurs muscles.

Pour Elisabeth Chatoux et Annie Lis, comme pour les autres membres des dix-sept clubs bretons, l'escrime est devenue un « très bon médicament » agissant sur le corps aussi bien que sur l'esprit.

 

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Elisabeth Chatoux rêve du jour où les protocoles médicaux incluront entre chimio et radio, le sport thérapie. Pour elle, au moment de sa rencontre avec l'escrime, les traitements étaient finis et elle entamait sa reconstruction. Elle aurait aimé faire cette découverte plus tôt. « Ce n'est pas possible – dit-elle aujourd'hui – on doit faire autre chose que de nous faire ingurgiter des poches d'injections ! »

Certes on lui avait bien proposé des groupes de paroles mais elle ne se voyait pas ressasser ses douleurs et ses angoisses avec d'autres femmes malades. « Je n'étais pas mûre pour ça » dit-elle encore. Même si les cours d'escrime sont finalement aussi des lieux de paroles et d'échanges sur la maladie. « Tôt ou tard, on en parle, c'est vrai – reconnaît-elle – mais on vient avant tout pour faire du sport. »

Une démarche encadrée par le corps médical

Annie Lis ne dit pas autre chose : « avec l'escrime, on est obligées de tout oublier ; il y a tellement besoin de concentration. On se vide la tête complètement. » Et les jours de petite forme, elles viennent quand même au cours, pour voir les copines.

Riposte2Créé à Cesson-Sévigné, en périphérie de Rennes, en 2015, en partenariat avec Vivalto Sport Santé, les cours d'escrime à visée thérapeutique ont depuis trouvé leur public. « On a commencé à cinq ou six – se souvient Elisabeth qui faisait partie de la première vague – et dès la deuxième année il y avait cinq cours dans l'agglomération (Rennes, Saint-Grégoire, Betton, Cesson, Chevaigné). » Aujourd'hui, il y a dix-sept clubs sur toute la Bretagne et une antenne régionale de Solution Riposte.

Les deux « Riposteuses » insistent sur le sérieux de leur démarche. Les maîtres d'armes, expliquent-elles, suivent une formation à Toulouse (où la discipline est née) pour proposer des exercices adaptés et les participantes s'engagent à un suivi médical destiné à prouver les bénéfices de l'activité, d'ailleurs encadrée par des médecins. Et ça semple probant.

« C'est un complément aux traitements ; ça aide moralement et physiquement » déclare Elisabeth. Tandis que Annie décrit les « exercices particuliers » qui permettent « d'ouvrir la cage thoracique » des femmes qui ont tendance à se « recroqueviller » et de leur faire récupérer leurs muscles. Il faut, estime-t-elle, encourager l'exercice physique qui procure aux malades une « fatigue physique essentielle pour réoxygéner les tissus et favoriser le développement des défenses ».

Une belle « leçon de vie » pour les maîtres d'armes

« On n'est pas là pour faire des performances » expliquent encore les deux femmes qui se disent « limitées par leur physique ». Elles combattent au sabre, plus léger que l'épée ou le fleuret. Et c'est pour elle un symbole. « Un sabre – dit Elisabeth – ça sert à se battre physiquement, mais aussi moralement. L'escrime est un sport complet qui véhicule aussi de belles valeurs. »

Riposte3Le cancer du sein est une maladie qui se développe. Aujourd'hui, les clubs de sport santé escrime de Solution Riposte pour la Bretagne accueillent des femmes de 23 à 66 ans. La plupart n'avaient jamais pratiqué d'escrime – voire de sport tout court – avant la maladie. La première année, l'inscription aux cours est gratuite et la tenue financée par des partenaires des clubs. Au-delà, la question se pose : doit-on intégrer un cour « normal » plus exigeant, moins convivial aussi sans doute, que les rencontres de sport santé ?

« La tentation est grande de rester entre nous ! - témoignent nos escrimeuses - On peut prendre du temps, écouter son corps, écouter les autres, aussi ; tout ça, on ne pourrait pas le faire dans un cour classique. On reste quand même avec notre pathologie. »

Du côté des maîtres d'armes, si certains semblaient « réticents » au départ, aucun aujourd'hui ne « veut lâcher » cet accompagnement différent. En plus du plaisir du sport, ils y trouvent une belle « leçon de vie ».

Geneviève ROY

Pour aller plus loin :

Solution Riposte pour la Bretagne sera très présente dans toutes les manifestations Octobre Rose. Il existe par ailleurs une ligne téléphonique dédiée pour toutes les femmes en cours de traitement qui souhaiteraient se renseigner sur cette activité : 06 70 86 09 02. De nombreux partenaires soutiennent l'association dont principalement Vivalto Santé Sport, La Ligue contre le cancer, La Fédération d'escrime de Bretagne.

Les « Riposteuses » de Rennes participent actuellement au projet « Les Belles Combattantes » de l'association Yadlavie. Une aventure à suivre

 

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Rendez-vous littéraire

livreanneElle écrit l'enfance trahie, l'enfance bafouée, l'enfance meurtrie. Et ce qu'il en reste quand on devient grand-e et qu'il faut vivre avec, vivre quand même. Elle écrit la tendresse qui manque et l'âpreté des mots, la famille en miettes et la dureté des coups.

Pour son premier roman, Anne Lecourt, que Breizh Femmes suit depuis longtemps, livre un tout petit livre qui se lit d'une traite. Mais qui reste en mémoire. Une longue interrogation sur les relations mères filles, ce qu'elles sont et ce qu'elles pourraient être.

Entre résilience et réminiscence, ce personnage qui n'a-pas-de-nom, tangue d'un passé non dit à un avenir à construire ; un beau portrait de femme qui n'a pas fini de nous hanter.

On retrouvera avec bonheur Anne Lecourt le mardi 12 mars à 18h 30, à la Maison de Quartier Saint-Martin (Maison Bleue) pour un échange autour de son précédent livre « Les discrètes, paroles de Bretonnes »

Pour aller plus loin : Sept jours en face de Anne Lecourt, éditions Parole (2019) - 12 €