Parce qu'elle estime que « les femmes n'ont pas le choix » et que lors de leurs menstruations, elles ne peuvent « pas se retenir », Thaïs Tourneboeuf souhaite interpeller largement sur ce qu'elle définit comme « une injustice » : devoir payer pour « utiliser une poubelle » !

Habituée des voyages en train, la jeune femme, Normande d'origine et devenue Brestoise depuis quelques semaines, dénonce un racket notamment à la SNCF où les toilettes en gare sont toujours payantes même pour les usagères des trains.

Elle cherche des associations qui accepteraient de se rallier à sa cause pour mettre en place une campagne de sensibilisation.

 

 

toilettes

 

C'est une question d'hygiène et donc de santé. « Quand on en parle directement avec les agents de la SNCF, ils trouvent ça tout à fait normal de payer pour changer de tampon ou de serviette hygiénique » s'emporte Thaïs Tourneboeuf. Pour cette jeune femme qui a 28 ans, après un master en urbanisme, reprend des études de biologie végétale à Brest, voyager en train quand on est femme est une occasion supplémentaire de subir une « injustice ». « Salaires inférieurs, dépenses supplémentaires » énumère-t-elle, dénonçant « un étranglement du budget des femmes ». Dernièrement, c'est à Paris, en gare Saint-Lazare, qu'elle a « fait un scandale en proposant d'enlever [sa] serviette sur le quai devant une contrôleuse » ! « Vous n'allez pas faire ça ici, c'est dégoûtant » lui a-t-on répondu.

Pourtant, pour faire « ça » ailleurs, il faut payer. Dans les gares – comme dans nombre d'espaces publics - les toilettes sont rarement gratuites. Quant aux trains, la jeune femme, habituée à voyager souligne que fréquemment « il n'y a pas de papier toilette, pas d'eau » et que lorsqu'elles ne sont pas « complètement dégueulasses » les toilettes sont « souvent fermées » !

Seule ou avec des associations, elle ne lâchera pas !

Son combat est-il vraiment une priorité ? Après avoir écrit plusieurs fois à la SNCF sans recevoir de réponse, elle a alerté début juillet quelques associations féministes dont elle espérait obtenir le soutien. En vain, pour l'instant. Peut-être à cause des vacances... En tout cas, elle tiendra bon. « J'aimerais bien avoir l'appui d'associations parce que je pense qu'elles sont plus écoutées que de simples individues et qu'elles ont plus d'échos auprès des médias – estime-t-elle – mais c'est une question sanitaire et je n'ai pas du tout envie de lâcher même si ça doit prendre des années ! »

Une chance, pense-t-elle : aujourd'hui, on parle plus librement des règles. « Les femmes osent plus parler de leurs menstruations et on voit pas mal de communications sur les différents moyens de protection autres que le tampon ou la serviette jetable - défend-elle - ça me paraît intéressant d'en parler maintenant parce qu'il y a moins de honte ou de timidité par rapport à ça ! »

Avec la rentrée, Thaïs espère que des associations la rejoindront. Lettre ouverte, manifeste... elle ne sait pas encore quelle forme pourrait prendre cette campagne d'interpellation ; elle envisage aussi « des actions plus visibles et plus explicites dans l'espace public comme par exemple apporter une fois par mois des tampons ou serviettes usagé-e-s à l'entrée des toilettes payantes pour dire qu'on refuse de payer juste pour utiliser une poubelle ! »

Geneviève ROY

Pour rejoindre le combat de Thaïs, écrivez-lui à l'adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

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Rendez-vous littéraire

livreanneElle écrit l'enfance trahie, l'enfance bafouée, l'enfance meurtrie. Et ce qu'il en reste quand on devient grand-e et qu'il faut vivre avec, vivre quand même. Elle écrit la tendresse qui manque et l'âpreté des mots, la famille en miettes et la dureté des coups.

Pour son premier roman, Anne Lecourt, que Breizh Femmes suit depuis longtemps, livre un tout petit livre qui se lit d'une traite. Mais qui reste en mémoire. Une longue interrogation sur les relations mères filles, ce qu'elles sont et ce qu'elles pourraient être.

Entre résilience et réminiscence, ce personnage qui n'a-pas-de-nom, tangue d'un passé non dit à un avenir à construire ; un beau portrait de femme qui n'a pas fini de nous hanter.

On retrouvera avec bonheur Anne Lecourt le mardi 12 mars à 18h 30, à la Maison de Quartier Saint-Martin (Maison Bleue) pour un échange autour de son précédent livre « Les discrètes, paroles de Bretonnes »

Pour aller plus loin : Sept jours en face de Anne Lecourt, éditions Parole (2019) - 12 €