Au Mexique, dans les villages du Chiapas, des sages-femmes préservent les pratiques traditionnelles de la naissance, un des éléments clefs de leur culture.

A Rennes, l'association Mâ les soutient.

Aurélie Bès de Berc s'est passionnée pour le travail de la partenaire mexicaine, Micaela, et souhaite réaliser un documentaire pour valoriser son action et permettre à chacun-e de s'interroger sur les différentes façons de donner la vie (ou de venir au monde).

Elle a lancé un financement participatif.

 

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Ce n'est peut-être pas tout à fait un hasard si Aurélie Bès de Berc a rejoint l'association Mâ. Vidéaste, la jeune femme a dans le passé suivi deux années d'études en école de sage-femme. Les objectifs définis par Alice Bafoin, fondatrice de l'association en 2009, ne pouvaient que lui parler. « Elle m'a raconté plein de choses – se souvient-elle – ça m'a complètement séduite ; sa passion était contagieuse ! »

Au départ d'Alice pour le Mexique, c'est tout naturellement qu'elle poursuit les objectifs de l'association en France : militer pour une naissance respectée et soutenir le travail de Micaela Ico Bautista au Chiapas. Là-bas, Alice apprend désormais à devenir sage-femme à la manière traditionnelle des Mayas ; ici, Aurélie met au service de l'association ses compétences de documentariste.

La force des rêves et de la terre

Ma1D'un premier voyage au Mexique, Aurélie a rapporté quelques images et notamment le témoignage de Micaela. Cette dernière défend depuis trente ans les valeurs traditionnelles des Indigènes et surtout le travail des sages-femmes tel qu'elles en ont hérité de leurs ancêtres Mayas. Un accouchement « intimiste » que la jeune Française décrit en quelques mots : « à genoux, sous les jupes, avec des plantes et des prières pour se relier à la terre ». Et la force des rêves dans lesquels les Indiennes disent puiser leur savoir.

L'association Mâ soutient sa partenaire mexicaine, Micaela, qui organise des ateliers de transmission et d'échanges de savoir dans les villages du Chiapas. Et favorise à leur demande les rencontres entre sages-femmes. « Quand on se rencontre – estime Aurélie – ça donne un élan pour continuer à avancer ».

Evoluer en intelligence

Aujourd'hui, c'est un documentaire plus long que Aurélie et Alice souhaitent réaliser. Et elles rêvent déjà des diffusions qu'elles en feraient tant au Mexique pour accompagner les ateliers et élargir le réseau déjà existant, qu'en France pour aider à financer le travail de Micaela. Et pourquoi pas y associer le commerce équitable d'écharpes de portage, tissées main par les sages-femmes du Chiapas ?

Aurélie y croit ; c'est devenu son combat. « C'est important – dit-elle – de faire comprendre aux femmes qu'il existe énormément de façons d'accoucher . » Et elle est certaine qu'il est possible « de faire évoluer les choses en intelligence tout le monde ensemble ». Pour le financement, c'est plus compliqué. Si le (difficile) crowfunding en cours ne suffit pas, d'autres voies seront possibles du côté des financements participatifs ou ailleurs. Arriver à mobiliser pour une cause même quand on est aussi convaincue soi-même que peut l'être Aurélie ne s'improvise pas. « J'apprends à communiquer » dit-elle. Sa passion pour son sujet fera le reste.

Geneviève ROY

Pour aller plus loin :
Voir le site de l'association Mâ et le prochain salon Liber Naître à Rennes au printemps 2017 avec notamment une conférence vidéo en direct du Mexique
S'engager dans le financement participatif ouvert jusqu'au 26 novembre 2016

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Rendez-vous littéraire

livreanneElle écrit l'enfance trahie, l'enfance bafouée, l'enfance meurtrie. Et ce qu'il en reste quand on devient grand-e et qu'il faut vivre avec, vivre quand même. Elle écrit la tendresse qui manque et l'âpreté des mots, la famille en miettes et la dureté des coups.

Pour son premier roman, Anne Lecourt, que Breizh Femmes suit depuis longtemps, livre un tout petit livre qui se lit d'une traite. Mais qui reste en mémoire. Une longue interrogation sur les relations mères filles, ce qu'elles sont et ce qu'elles pourraient être.

Entre résilience et réminiscence, ce personnage qui n'a-pas-de-nom, tangue d'un passé non dit à un avenir à construire ; un beau portrait de femme qui n'a pas fini de nous hanter.

On retrouvera avec bonheur Anne Lecourt le mardi 12 mars à 18h 30, à la Maison de Quartier Saint-Martin (Maison Bleue) pour un échange autour de son précédent livre « Les discrètes, paroles de Bretonnes »

Pour aller plus loin : Sept jours en face de Anne Lecourt, éditions Parole (2019) - 12 €