maths1Les filles aussi peuvent être matheuses ! Une évidence qu'il convient de rappeler régulièrement notamment pour favoriser l'orientation des filles dans les filières scientifiques.

Des animations « filles et maths » se déroulent ce mois-ci en Bretagne. Le 11 décembre ce sera à Rennes à l'ENSAI de Kerlann (1) et le 20 décembre à Lorient au lycée Colbert.

Pour les journées de Saint-Brieuc, les 26 et 27 novembre, c'est au lycée Ernest Renan, qu'était proposée une animation autour d'une pièce participative, « Dérivée ».

 

Le dispositif « Filles et maths : une équation lumineuse » créé en 2009 par Animath et Femmes & Mathématiques, propose, autour de conférences, de speed-meeting, d'échanges, etc. de démonter les clichés et stéréotypes selon lesquels les mathématiques sont une discipline d'hommes. Présenter des exemples de femmes scientifiques permet de conforter les jeunes filles sur leur légitimité à s'intéresser aux mathématiques, et à s'engager dans cette voie.

C'est Nadine Faure, professeure de maths au lycée Ernest Renan, qui a pris l'initiative de faire venir l'association Femmes & mathématiques à Saint-Brieuc. « L'idée de "Filles et maths" est de lutter contre les stéréotypes conscients ou non, selon lesquels les filles ne seraient pas matheuses - explique la professeure - Cette journée s'inscrit dans un contexte où les lycéennes doivent faire des choix d'orientation. Après le bac, il n'y a que 10% de filles à s'orienter vers les maths, le but est donc vraiment de cibler ce public-là. »

Une journée entre filles

L'initiative s'adressait aux élèves qui ont le plus d'heures de maths, les filières générales, essentiellement S et ES, soit un public d'une centaine d'élèves par jour. Après une conférence matinale intitulée « promenade mathématique », il était prévu que des étudiantes de classes préparatoires scientifiques viennent témoigner de leur quotidien ; hélas, elles n'ont pu se déplacer. « On se rend compte de la difficulté à mobiliser des intervenantes pour témoigner sur ce sujet, parce qu'elles sont rares ! » regrettait Véronique Slovaceck-Chauveau, de l'association Femmes et mathématiques.

Que les filles qui n'ont pas de maths au programme ne participent pas à la journée peut se justifier. Mais comment expliquer l'absence de garçons, qui ont pourtant probablement besoins eux aussi de voir que les femmes réussissent dans les mathématiques ? À cette question, les organisatrices de la journée ont expliqué l'importance pour les lycéennes de pouvoir sortir de leur rôle de filles, et s'exprimer plus librement : « Quand les garçons sont là, ce sont eux qui prennent la parole, souvent d'ailleurs de façon très féministe, mais alors on n'entend plus ce que les filles ont à dire ».

Une pièce de théâtre pour débattre

maths2La journée Filles et maths comprend dans son dispositif une pièce de théâtre, créée en 2010 par la compagnie « Laps équipe du matin » et jouée cette semaine dans l'amphithéâtre du lycée.

La pièce, « Dérivée », raconte le quotidien d'une lycéenne en filière scientifique, qui se questionne sur ses envies et son futur, et fait face aux remarques et clichés de son entourage. Son meilleur ami la considère comme un garçon manqué parce qu'elle « déchire en maths ! ». Son frère justifie la renommée de mathématiciens hommes parce qu'ils auraient « un plus gros cerveau que les femmes ». Lorsqu'elle demande à son père s'il l'imagine ingénieure ou chercheuse, il répond qu'il la verrait plutôt prof de maths...

Autant d'idées préconçues largement partagées dans notre société, que les jeunes spectatrices ont pu relever et réfuter au cours d'un temps d'échange avec la troupe de théâtre. Émilie Lambert, créatrice de la compagnie et auteure de la pièce, ouvrait les questions au débat et proposait même aux élèves qui le souhaitaient d'imaginer d'autres tournures à l'histoire, en venant incarner des personnages sur scène.

Après avoir invité à la réflexion, la metteuse en scène a conclu : « Est-ce qu'on ne peut pas espérer que les choses changent ? Peut-être que le sexisme est un problème générationnel ? Les stéréotypes peuvent nous freiner, à vous d'y trouver des solutions et de faire la différence entre vos propres choix et ce qui s'impose à vous de l'extérieur ! ».

Une initiative encourageante qui ferait presque aimer les maths aux plus réfractaires d'entre nous !

Lise FROGER

1 - Journée organisée en partenariat avec l'ENS, l'ENSAI, l'INSA, le centre Henri Lebesque et l'Institut de Recherche Mathématique de Rennes (IRMAR)

Photos :
n°1 – La Compagnie de théâtre accompagnée de Nadine Faure (professeure) et Véronique Slovaceck-Chauveau et Annick Boisseau, de Femmes & Mathématiques
n°2 – Les lycéennes ont pu rejouer la pièce à leur manière

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