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Une mention a attiré notre attention sur la quatrième de couverture d'un recueil de nouvelles intitulé Déracinés : « sept auteur-e-s dont un homme ». Pas fréquent comme façon de dire les choses. D'ordinaire, ce sont plutôt les femmes qui sont les exceptions !

Mais cet ouvrage est une production des éditions Goater de Rennes dont nous connaissons bien les engagements. Pour aller plus loin, nous avons eu envie de rencontrer quelques-un-e-s de ces auteur-e-s.

Dans un café-librairie (évidemment) Dominique, Mona et Norbert nous ont raconté leur belle aventure de « jeunes » écrivain-e-s.

 

Il y a celle qui a commencé à écrire pour ses petits-enfants et celui qui voulait transmettre à ses enfants ; il y a celle qui écrit parce qu'elle en a besoin ; et puis, celles qui ne sont pas venues mais qui font aussi partie de l'aventure. Habitué-e-s des ateliers d'écriture, des concours de nouvelles, il et elles se sont pris au jeu des mots à un âge déjà avancé, souvent celui de la retraite. Même si la majorité « écrivait professionnellement ».

Pour soi, les enfants ou les petits-enfants

« J'ai besoin d'écrire, ça me permet de me distancier de ce que je vis » explique Dominique, la plus jeune du groupe, encore en activité qui ajoute : « je tiens un journal depuis toujours ; c'est une façon de me parler à moi-même. » Mona, l'ancienne professeure de français, pense que faire des études de lettres peut être « très inhibiteur » ; « l'admiration des maîtres ne stimule pas – dit-elle – parce qu'on sait qu'on n'écrira pas pareil donc on s'autocensure ». C'est dit-elle grâce à ses petits-enfants qu'elle a « osé se lancer » en leur inventant des histoires qu'elle souhaiterait faire illustrer aujourd'hui.

Quant à Norbert, c'est le plus expérimenté de la bande. Lui qui s'excuse presque de ne « pas avoir fait d'études » a déjà publié deux ouvrages et peut s'enorgueillir d'avoir été le premier auteur des jeunes éditions Goater à leur début en 2009. Son objectif d'alors : « dire quelque chose à [ses] enfants » et leur transmettre « une tranche de vie » avec dit-il encore « une trouille pas possible puisque je n'avais jamais écrit ».

dracins2Deux livres (édités) plus tard et une grande habitude des ateliers d'écriture plus ou moins formels, c'est un peu grâce à lui que le recueil Déracinés a pu voir le jour. En réponse au défi lancé par Jean-Marie Goater : « faites un recueil collectif sur le thème que vous voulez et je vous publie ». Aussitôt Dominique et Norbert saisissent « l'occasion à chaud », réunissent leurs deux groupes d'écriture et forment un nouveau collectif de sept personnes. Le thème est rapidement trouvé, ce sera l'exil. Les idées fusent ; il y a bien des façons de se sentir exilés.

Un travail individuel sous influence

Et chacun-e commence à rédiger de son côté. « On a eu du mal au début – se souvient Dominique - on est passé par des exercices collectifs ça nous a permis de nous défroisser ; la contrainte ça peut faire peur ! » Si on s'attend à un ouvrage sur les camps de réfugiés ou les naufrages en Méditerranée, on sera surpris. « On ne se sentait pas légitimes pour parler de ça » dit Norbert et Dominique surenchérit : « on avait peur des poncifs ». Le déracinement, ça peut aussi concerner un Breton en Irlande ou des Parisiens sur une petite île du Finistère !

Régulièrement le groupe se retrouve pour constater l'avancée des textes qui sont lus à haute voix et soumis aux critiques « bienveillantes » des autres auteur-e-s. « D'habitude je travaille beaucoup moins – reconnaît Mona – l'influence du groupe est intéressante parce qu'on voit les limites de son texte. » Une épreuve qu'apprécie particulièrement Dominique. Pour elle, « quand un texte est en court, il vit » et tout reste possible.

Quant à Norbert il reconnaît humblement avoir compris ce que c'était que de retravailler un texte. « Ça m'a un peu bousculé - dit-il – pour moi, avant, ce qui était écrit était presque sacré et je n'avais pas envie d'y retoucher. » Et il confie ses angoisses : « j'avais peur qu'on sorte un petit truc ; je voulais qu'on fasse au moins cent pages ; j'ai pas arrêté de compter ! »

Le résultat (167 pages ! ) semble le satisfaire. Tous trois sont plutôt fiers du recueil dont ils ont suivi la fabrication et aujourd'hui la diffusion avec intérêt. Désormais, ils n'ont qu'une envie : recommencer. Le petit groupe des sept se dit prêt à repartir sur un autre thème. « On continue à écrire ensemble » s'exclame Norbert, plein d'enthousiasme ; mais chacun-e cultive aussi ses projets personnels. Etre édité, forcément, c'est « très valorisant » et ça stimule !

Geneviève ROY

Pour aller plus loin : le recueil Déracinés (13 €) c'est sept auteur-e-s (Dominique Alba, Michelle Anne, Annie Gautier, Norbert Maudet, Mona, Thérèse Testot, Françoise Tyrant) et treize nouvelles qui évoquent l'étranger, l'altérité, la rencontre, les racines et les souvenirs ; on y reconnaît des quartiers de Rennes et on y parle d'Iran, on voyage en Irlande et sur les îles bretonnes. Le 9 juin, les auteur-e-s de Déracinés animeront une lecture publique au Café Caché boulevard de la Tour d'Auvergne à Rennes.

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

"540 000 € pris dans la poche des femmes"

Uteruse

 

Derrière le nom de « collectif l'Utéruse » une petite dizaine de jeunes femmes lutte à Rennes contre les dépassements d'honoraires pratiqués par un laboratoire dans les analyses de frottis réalisées notamment pour le dépistage du cancer du col de l'utérus. Une augmentation de 7,60 € décidée brutalement voilà un an sans revalorisation du remboursement de la sécurité sociale.

Le 1er février, le collectif a décidé de célébrer le premier anniversaire avec un gâteau et quelques cotillons devant l'entrée du laboratoire. Une façon pour ces femmes de relancer un peu la communication autour de leur combat ; une occasion pour nous de les revoir, neuf mois après notre première rencontre.

Lire l'interview

Dans la même rubrique, retrouvez également : Martha Diomandé et "les enfants ACZA" qui ne seront pas excisées en Côte d'Ivoire,  Céline Boizard ou l'entrepreneuriat comme "une aventure humaine passionnante" ; Anne Lecourt admise dans la cour des grandes, Michelle Van Hooland et son chat couché.