Le 23 novembre 1988 Renée Prévert s'éteint à Rennes. Quatre ans plus tard, le 2 novembre, le Conseil Municipal décide lors de sa délibération de baptiser une rue du nom de celle qui fut une des premières femmes députées de France.DSCN0324
Renée Prévert nait le 11 juillet 1912 à Dol de Bretagne au sein d'une famille fervente catholique et très modeste, son père est manœuvre et sa mère femme de ménage. Renée suit ses études à l'Ecole Notre Dame à Dol.
Après son Certificat d'Etudes elle obtient un CAP de comptabilité et commence à travailler dans une petite entreprise locale. Elle a dix sept ans, en 1929, quand elle rejoint la JOCF (Jeunesse Ouvrière Chrétienne Féminine). Elle en devient la secrétaire départementale.
Dans le même temps elle adhère à la CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens) où elle finira par occuper le poste de Secrétaire Départementale Adjointe.
En 1940 la Confédération est dissoute par le régime de Vichy. Durant l'occupation, fidèle à ses engagements, elle est arrêtée et internée pour : « distribution de tracts subversifs »
En 1945 ses convictions chrétiennes et son engagement social l'amène à entrer au MRP (Mouvement Républicain Populaire). Ce parti politique fondé par Georges Bidault en 1944 se veut centriste et démocrate chrétien. Il accueillera entre autres dans ses rangs un certain Henri Grouès, dit l'Abbé Pierre, qui siégera sous cette étiquette à l'Assemblée Nationale Constituante.
En 1945 Renée est candidate aux élections municipales de Rennes sur la liste MRP. Elle est élue et devient adjointe aux Affaires Sociales.
La même année, en troisième position sur la liste de son parti menée par Pierre Henri Teitgen elle est élue députée et participe aux commissions du Travail, de la Sécurité Sociale et du Ravitaillement. Elle reste députée jusqu'en 1951.
DSCN0325Durant ses mandats elle siégera dans plusieurs commissions, sera nommée juré à la Haute Cour et déposera différents rapports, résolutions ou projet de lois tous axés sur le social et portant sur les allocations aux vieux travailleurs, les examens médicaux des salariés, le repos des femmes en couche, l'approvisionnement ou encore les conditions de travail des infirmières et des assistantes sociales.
Elle ne se représentera pas en juin 51 , préférant se consacrer à une action locale et municipale.
En 1959, candidate sur la liste d'Henri Fréville elle est à nouveau élue Conseillère Municipale. En 1962, elle retrouve ses fonctions de 1945 en redevenant Adjointe aux Affaires Sociales à la place de Léon Grimault, décédé accidentellement et dont elle était l'adjointe.
Durant ses quinze ans de mandat elle sera à l'origine de la création de l'OPAR (Observatoire et Pôle d'Animation des Retraités rennais) et de la réalisation de foyers-logements qu'elle améliorera à chaque nouvelle construction (chambres plus grandes, confort des pièces de séjour, aménagement de studios...)
Elle innovera en matière de crèches à domicile et dans le domaine des contributions à la formation du personnel social. Elle se retire de la vie publique en 1977 et en 1978 Henri Fréville la décore de la Légion d'Honneur.

Philippe KLEIN

 

Rendez-vous littéraire

livreanneElle écrit l'enfance trahie, l'enfance bafouée, l'enfance meurtrie. Et ce qu'il en reste quand on devient grand-e et qu'il faut vivre avec, vivre quand même. Elle écrit la tendresse qui manque et l'âpreté des mots, la famille en miettes et la dureté des coups.

Pour son premier roman, Anne Lecourt, que Breizh Femmes suit depuis longtemps, livre un tout petit livre qui se lit d'une traite. Mais qui reste en mémoire. Une longue interrogation sur les relations mères filles, ce qu'elles sont et ce qu'elles pourraient être.

Entre résilience et réminiscence, ce personnage qui n'a-pas-de-nom, tangue d'un passé non dit à un avenir à construire ; un beau portrait de femme qui n'a pas fini de nous hanter.

On retrouvera avec bonheur Anne Lecourt le mardi 12 mars à 18h 30, à la Maison de Quartier Saint-Martin (Maison Bleue) pour un échange autour de son précédent livre « Les discrètes, paroles de Bretonnes »

Pour aller plus loin : Sept jours en face de Anne Lecourt, éditions Parole (2019) - 12 €