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On connaît le CIDFF pour ses engagements auprès des femmes en recherche d'emploi après un congé parental ; on sait aussi que l'association agit de multiples manières pour l'égalité et contre les violences conjugales notamment.

On le sait moins, mais en collaboration avec d'autres associations comme Dialogue et Solidarité à Rennes, le CIDFF propose aussi un accompagnement aux personnes touchées par la perte d'un-e conjoint-e.

La journée européenne de l'accompagnement des familles en deuil qui se déroule le 20 octobre est cette année l'occasion d'en parler autour d'un documentaire.

 

Sur l'écran, ils et elles disent la même chose. D'abord le monde qui s'écroule ; les projets qu'il faut oublier, les enfants qu'il faut soutenir, la vie qui brutalement s'interrompt. Puis très vite, il va falloir faire face aux questions matérielles, parfois déménager. Pour les femmes, en particulier, le veuvage, est souvent le début d'une galère financière. Les quatre témoins – deux femmes, deux hommes – qui ont accepté de se confier au réalisateur Didier Dematons, se sont retrouvé-e-s soudain seul-e-s du jour au lendemain. Accident ou maladie, devenir veuf ou veuve, personne ne s'y est vraiment préparé.

Chacun-e a son propre chemin

Samedi 15 octobre, le cinéma l'Arvor à Rennes avait ouvert ses portes au CIDFF qui animait en partenariat avec l'association Dialogue et Solidarité et le collectif Vivre son Deuil en Bretagne un temps d'échange autour du documentaire « Seuls, du jour au lendemain ».

affichedocDans la salle comme sur l'écran, les veufs et les veuves témoignent de leurs difficultés à vivre cette étape douloureuse. Toutes et tous disent leur besoin de parler. C'est précisément ce que leur propose les associations.

« Il faut se donner le temps – explique Sabine Colin, responsable de Dialogue et Solidarité 35 – On a le droit d'aller mal, d'être en colère, de ne pas comprendre. Les personnes que nous accompagnons connaissent généralement un deuil récent, mais certaines viennent vers nous après des années. Chaque chemin est différent. » En effet, dans le tourbillon de tout ce qu'il faut affronter lorsque ça arrive, on oublie parfois d'en parler et un jour il faut pouvoir mettre des mots ce qu'on vit. Y compris quand on va mieux.

« On a aussi le droit d'aller bien – dit encore la responsable associative – et surtout de ne pas culpabiliser ! » Huguette Legall, responsable de Vivre son Deuil en Bretagne, ne dit pas autre chose : « on ne refait pas sa vie, on la continue ! »

Régine Lépinay, directrice du CIDFF 35, rappelle qu'un deuil ce sont aussi « des choses qui changent concrètement ». Pour aider celles et ceux qui s'y trouvent confronté-e-s, outre les groupes de paroles, des permanences gratuites de juristes, d'avocats et de notaires sont proposées par le CIDFF.

Eparpillée comme un puzzle

C. est une jeune femme,veuve depuis un an et demi. Elle est venue apporter son témoignage.

« J'ai rencontré le groupe de parole quand j'ai perdu mon mari – explique-t-elle – J'avais trente-cinq ans ; j'avais deux enfants dont un petit de deux ans. J'étais enceinte quand on a appris le diagnostic du cancer et qu'il n'y avait pas de possibilités que mon mari soit sauvé. Après trois ans de maladie et de soins très lourds, j'ai eu vraiment le sentiment d'être complètement perdue. On ne comprend plus rien de ce qui arrive, tout fait mal, on est à fleur de peau tout le temps. Je ne savais plus qui j'étais... Je ne voulais pas être une femme divorcée ; je ne voulais pas être une femme célibataire non plus ! J'avais l'impression d'être un puzzle complètement éparpillé ; il y avait des choses qu'il fallait que je recolle et puis d'autres dont il fallait que je me sépare et je ne voyais pas comment trier tout ça ! Etre veuve à trente-cinq ans, c'est très rare. Et ce groupe m'a énormément aidée : rencontrer des personnes de tous les âges, de tous les niveaux sociaux, de tous les styles, mais avec des choses en commun dont on pouvait discuter... ça fait du bien d'avoir un groupe d'appartenance, en fait ! »

Geneviève ROY

Pour aller plus loin :

CIDFF 35 – 21 rue de la Quintaine à Rennes – Tél 02 99 30 80 89 – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - les permanences spécifiques pour les veuves et les veufs ont lieu chaque jeudi de 14h à 17h et vendredi de 9h à 12h

Dialogue et Solidarité propose une écoute téléphonique – N° vert : 0800494627 - des entretiens individuels et des groupes de parole. L'association est présente à Rennes dans les locaux du Centre de prévention Bien Vieillir en Bretagne, 5 rue Louis Kerautret Botmel

Vivre son Deuil en Bretagne est un collectif qui mutualise les compétences de plusieurs associations afin de répondre à toutes les demandes. Il est présent à Rennes à la Maison Associative de la Santé, 36 bd Albert 1er

Le documentaire « Seuls, du jour au lendemain » a été réalisé par Didier Dematons en 2013

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

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Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

Dans la même rubrique, retrouvez également : Céline Boizard ou l'entrepreneuriat comme "une aventure humaine passionnante" ; Anne Lecourt admise dans la cour des grandes.