En France, seulement entre 2 et 3 % de noms de rues, avenues ou encore places publiques sont attribuées à des femmes. Rennes, un peu au-dessus de la moyenne, consacre chaque année au mois de mars une délibération du conseil municipal à cette question.

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Le 8 mars dernier, c'est une américaine qui se voyait reconnue officiellement par la ville. Au cœur du quartier de Maurepas en pleine rénovation, le square Susan B. Anthony rend hommage à une femme, à la fois féministe et abolitionniste, qu'une délégation de Rochester, sa ville d'adoption, est venue présenter aux élu-e-s rennais-es. L'occasion aussi de célébrer 60 ans de jumelage entre la capitale bretonne et la ville du Massachusetts.

Une plaquette éditée à l'occasion, en français et en anglais, retrace les grandes lignes de la biographie de Susan Brownell Anthony née le 15 février 1820 dans une famille de Quakers qui compte sept enfants ; elle est la deuxième de la fratrie.

C'est une enfant précoce qui apprend seule à lire et à écrire dès l'âge de trois ans. Dans l'école locale qu'elle fréquente, on refuse de lui enseigner les divisions au seul motif qu'elle est une fille. Furieux, son père, décide alors qu'elle sera scolarisée à domicile par une enseignante particulière. Une façon pour elle d'intérioriser très tôt l'idée que les femmes peuvent exercer des professions intellectuelles.

En 1837, sa famille est ruinée par une crise financière et la jeune fille doit abandonner ses études. Elle devient enseignante à son tour. En 1845, elle s'installe à Rochester où elle est responsable de l'enseignement des filles dans une école. A l'occasion du remplacement d'un collègue, elle mesure que pour un emploi identique une femme est quatre fois moins rémunérée qu'un homme. La lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes devient son cheval de bataille. Elle milite désormais pour les droits des femmes, contre l'alcoolisme et contre l'esclavage.

Susan2Quelques années plus tard, elle rejoint le mouvement national en faveur du suffrage des femmes dont elle devient porte-parole. Elle sillonne le pays pour défendre ses idées. Elle veut à la fois éduquer les femmes et les personnes afro-américaines.

En 1868, avec une compagne de lutte, Elizabeth Cady Stanton, elles fondent un journal hebdomadaire, « La Révolution » qu'elle imprime à son domicile. Leur objectif est de faire accepter le droit de vote pour les femmes et pour les afro-américains ; elle sera liée à la création de l'association nationale du suffrage féminin comme à celle de l'association américaine de l'égalité des droits. Et sera même arrêtée et condamnée pour s'être inscrite illégalement avec d'autres femmes sur les listes électorales. Elle parcourt les Etats-Unis et l'Europe donnant près de 100 conférences.

Elle meurt le 13 mars 1906 dans sa maison de Rochester devenue un musée. Ce n'est que quatorze ans plus tard (en 1920) que les américaines obtiennent le droit de vote. Au fil du temps, Susan B. Anthony reçoit un certain nombre d'hommages de la part de son pays : des statues à son effigie, son profil sur une pièce de 1 dollar, un paquebot réquisitionné par l'armée américaine en 1941 qui participera au débarquement en Normandie en juin 44. Le projet de réaliser son portrait sur le Mont Rushmore aux côtés de quatre anciens présidents américains, n'a, lui, jamais vu le jour.

 

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Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

L'action sociale derrière les murs

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Nous avions rencontré Charline Olivier en décembre 2016 pour la publication d'un premier livre. Elle signe aujourd'hui un deuxième ouvrage, récit de ses deux années d'expérience professionnelle au centre pénitencier de Rennes-Vezin.

Malgré un titre un peu austère - « Derrière les murs : surveiller, punir, réinsérer ? » c'est un ouvrage plein d'humanité dans lequel l'assistante sociale livre une nouvelle série de rencontres.

Des récits vivants, qu'elle retranscrit le week-end, une fois sa semaine de travail terminée, un œil sur ses enfants qui jouent à côté. « Dans mon cerveau, il y a comme un magnéto – dit-elle – il y a des entretiens où le bouton rouge s'allume et je sais que celui-là, je vais l'écrire... »

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