Le 12 octobre 1965, le Planning Familial de Rennes voyait le jour quelques années après la création du mouvement national. Fruit du travail de militant-e-s, le Planning portait la volonté d'informer sur la contraception et la sexualité mais aussi de déculpabiliser les femmes d'alors.

Cinquante ans après, le Planning a su renouveler ses missions et ses engagements et s'inscrit dans le programme national d'amélioration de l'accès à l'IVG pour toutes. Derrière le numéro vert national, c'est le Planning 35 qui répond pour toute la Bretagne.

 

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Trois questions à Elisa Quémeneur, directrice du Planning Familial 35

Quels objectifs ont conduit à la création du Planning Familial 35 il y a cinquante ans ?

Au niveau national, en 1956, c'est d'abord l'association Maternité Heureuse qui est créée et qui va devenir le Planning Familial quatre ans plus tard. L'idée était de défendre l'accès à une contraception dans un premier temps puis à l'avortement dans un second temps. C'est vrai qu'en 56, ni l'un ni l'autre n'était légal et les créatrices du mouvement national voulaient revenir sur la loi de 1920 qui interdisait toute forme de contraception.
Les Plannings se sont montés ensuite dans différentes villes et seulement neuf ans plus tard, en 1965, à Rennes, quatre ans après celui de Brest. C'est sans doute à cause du poids de l'Eglise que cela a pris plus de temps ici qu'ailleurs.
Des personnes qui avaient vraiment un profil militantes sont devenues hôtesses d'accueil pour écouter des femmes lors de permanences ; ensuite, elles se sont formées et spécialisées pour défendre l'accès à la contraception et puis un petit peu plus tard pour le droit à l'avortement.

Aujourd'hui, cinquante ans après, qu'est-ce qui a changé ? Est-ce que vous intervenez toujours sur les mêmes questions ? Est-ce que d'autres ont été ajoutées ?

Cinquante ans après, on intervient toujours pour l'accès à la contraception pour toutes et le droit à l'IVG pour toutes car ça peut encore être compliqué pour certaines personnes. La sexualité des jeunes, notamment des personnes mineures, reste encore de l'ordre du tabou. Pour avoir accès de façon confidentielle à une contraception, souvent, elles passent par le Planning. La majorité des personnes qui viennent nous voir ont moins de trente ans.
Concernant l'IVG, on voit encore que dans certains centres hospitaliers ça ne tient que par la volonté de certains médecins et quand ces médecins partent pour une raison ou une autre, ce sont des services qui peuvent s'écrouler assez rapidement. A nous donc d'être vigilant-e-s là-dessus sur le département. On peut aussi réaliser des IVG médicamenteuses au Planning de Rennes.
Aujourd'hui, le Planning poursuit donc sa mission de conseil et d'information notamment auprès des plus jeunes avec des interventions dans les établissements scolaires – collèges, lycées, universités – ou auprès de certains publics comme les personnes en situation de handicap. On ne reste pas dans nos locaux, on intervient sur les lieux de vie et de travail. On développe aussi tout un accueil pour les personnes LGBT.
Depuis une vingtaine d'années, on a vu apparaître d'autres questions notamment toutes celles liées aux violences faites aux femmes et on a développé une certaine expertise avec des conseillères et un psychologue qui peuvent accueillir les femmes. Mais aussi avec des groupes de parole qui se sont mis en place par exemple pour les femmes victimes de violences sexuelles et/ou conjugales. La démarche du Planning est très portée sur l'appropriation des connaissances par chacune et chacun ; ces groupes d'échanges qui viennent s'ajouter aux rencontres individuelles avec un-e professionnel-le sont aussi un outil pour se reconstruire.

A quoi sert le nouveau numéro vert qui vient d'être mis en place par le gouvernement et quel rôle particulier le Planning 35 va-t-il jouer ?

Il existait déjà de nombreux accueils téléphoniques gratuits mais avec des numéros différents. Par exemple, on avait un numéro vert régional porté en Bretagne par le Planning Familial. Ce nouveau numéro fait partie du programme d'action du ministère de la Santé pour améliorer l'accès à l'IVG. Ce qui change c'est qu'il s'agit désormais d'un numéro unique et national qui complète l'action du site ivg.gouv.fr.
L'idée est d'apporter aux femmes et aux hommes qui appellent une information de qualité et sans jugement. C'est aussi un peu une façon de contrer les sites anti-IVG qui proposent également des numéros verts. Quel que soit le lieu de l'appel, la personne est redirigée vers une plate-forme régionale constituée de professionnel-les et en Bretagne, ce sont les personnes du Planning 35 qui répondent.

Propos recueillis par Geneviève ROY

Pour aller plus loin :


Le numéro vert anonyme et gratuit : 0800 08 11 11

Le site du mouvement national du Planning Familial

Les centres de Bretagne :

Deux en Ille-et-Vilaine :
11 boulevard de Lattre de Tassigny à Rennes – 02 99 31 54 22
46 boulevard de la République à Saint-Malo – 02 99 56 20 75

Dans les Côtes d'Armor : 50 rue Brizeux à Saint-Brieuc – 02 96 78 97 05

Dans le Finistère : 4 rue Ernest Renan à Brest – 02 98 44 08 14

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