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Formé au printemps dernier, le collectif pour la réouverture de la permanence d'accueil des femmes victimes de violences « Moments pour Elles » à Lorient, profite de cette rentrée pour donner un nouvel élan à ses revendications.

Depuis quelques mois, la pétition en ligne n'a cessé d'engranger de nouveaux soutiens. Pourtant, du côté des « institutions » - anciens financeurs ou financeurs potentiels – toujours pas de réponse.

Le point avec Aurore, une des membres fondatrices du collectif à la veille de plusieurs journées d'action.

 Que s'est-il passé depuis notre dernier article paru début mai ?

Le 5 mai, notre rassemblement à Lorient a pas mal fonctionné. Nous avons pu recueillir de nouvelles signatures pour la pétition et nous sommes passées en quelques jours de 5000 à 25000 soutiens ; aujourd'hui nous dépassons les 29 000 signatures.
En revanche, tous nos courriers envoyés en avril sont restés sans réponse à l'exception d'une lettre type reçue du secrétariat d'état nous disant : « nous avons reçu votre courrier, nous allons l'étudier et nous vous répondrons... »

Pour la rentrée vous avez donc décidé de mobiliser largement sur plusieurs villes en Bretagne et même jusqu'à Paris ?

Oui, faute de réponses, nous avons sollicité des rendez-vous notamment avec la mairie et l'agglomération de Lorient, la CAF, la préfecture du Morbihan qui je le rappelle est à l'origine de la fermeture de la permanence suite à la suppression de ses subventions. A ce jour, nous n'avons aucune réponse. Donc, nous avons décidé, réponse ou pas, d'aller sur place pour essayer de rencontrer quelqu'un, essayer de rassembler du monde pour interpeller les médias et l'opinion publique.

Nous avons pris la liste des institutions qui finançaient déjà la structure auxquelles nous avons ajouté la mairie de Lorient et l'agglomération puisque étant donné que c'est une petite somme qui manque pour que la permanence continue à exister, la mairie pourrait participer par exemple en mettant un local à disposition.
Du 10 au 12 septembre, nous allons faire la tournée de tous ces gens-là. Nous commencerons le lundi 10 par aller voir le matin la mairie et l'agglomération de Lorient puis l'après-midi la préfecture de Vannes et la CAF. Le mardi 11, nous serons à Rennes au Conseil Régional et le lendemain, le mercredi 12, nous irons à Paris pour interpeller la secrétaire d'état et le président de la République.

Notre idée n'est pas seulement de pointer ce qui se passe à Lorient mais aussi de parler au niveau régional puis national de l'accueil des femmes victimes de violences qui reste très insuffisant. Nous avons notamment eu échos d'autres situations, comme par exemple à Boulogne Billancourt ou dans le Loiret, où des permanences sont soit déjà fermées soit menacées de fermeture pour les mêmes raisons que chez nous. Nous essayons de nous mettre en lien avec ces différents endroits pour une mobilisation groupée.

Ce que nous souhaitons c'est une vraie mobilisation citoyenne ; on est toutes et tous concerné-e-s par ce problème et nous voulons montrer à quel point cette situation est complètement contradictoire avec les promesses faites par le président de la République en début de mandat concernant la lutte contre les violences faites aux femmes.

Vous gardez confiance, mais qu'advient-il des femmes en souffrance sur le territoire de Lorient ?

Nous essayons de garder confiance oui, même si ce n'est pas tous les jours facile. Nous avons quand même réussi à faire un peu de bruit ; une pétition de 29 000 signatures, ce n'est pas rien ! Au départ, nous ne demandions que la réouverture de Lorient sans autre prétention notamment au niveau national. Malgré cette belle réussite, rien ne bouge en face et c'est assez décourageant.
Pendant ce temps-là, les femmes, elles, ne sont plus prises en charge sur le plan psychologique. Il reste une permanence à Lorient, animée par le CIDFF 56, mais elle est simplement juridique, il n'y a plus aucun dispositif d'accompagnement social ou psychologique. Quant aux psychologues libéraux, beaucoup de femmes n'ont pas les moyens de les consulter et souvent, ils et elles ne sont pas formé-e-s à ces situations quand même très particulières.

Propos recueillis par Geneviève ROY

Aller plus loin : pour connaître les lieux et horaires de rassemblement des 10 et 11 septembre en Bretagne, consulter la page facebook de l'événement.

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