Le 25 mai, dans les bureaux de vote, les bulletins de nombreux partis politiques nous seront proposés. Parmi eux, un nouvel acronyme : FPES. Comprendre : Féministes pour une Europe Solidaire. Pour Françoise Morvan, tête de liste de la région Grand Ouest, il était temps que les féministes « prennent en main leur destin politique ».

fmorvan

« Nous avons de la chance en France, le mouvement féministe est très vivant » se réjouit Françoise Morvan qui ajoute : « c'est un mouvement qui s'est colorisé au moment de Ni putes ni soumises, qui s'est beaucoup rajeuni avec Osez le féminisme ! et qui est devenu mixte avec Zéro Macho ; c'est une chance inouïe. Beaucoup d'européennes nous envient ! »

Et l'élue bretonne, devenue conseillère municipale à Daoulas, près de Brest, en mars dernier, compte bien sur ce mouvement « très vivant » pour soutenir le nouveau parti politique qu'elle représente à l'occasion des prochaines élections européennes.

Porté par un réseau de militants

Françoise Morvan est vice-présidente de la coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF), lobby qui regroupe 2000 associations féministes des 28 pays membres de l'Union Européenne. Autrement dit, l'Europe et les femmes, elle connaît bien.

Le 25 mai, donc, elle sera tête liste des Féministes pour une Europe Solidaire, un nouveau parti politique qui présente des candidats et candidates – à parité bien sûr – dans les huit euro-régions de France. Françoise Morvan se présente dans la région Grand Ouest, c'est-à-dire pour la Bretagne, les Pays de la Loire et Poitou-Charentes. Des listes qui jouent les invitées surprise dans ce scrutin européen. « Nous avons pris la décision à la mi-mars – explique-t-elle – c'était un peu court pour constituer nos listes alors nous nous sommes appuyés sur les réseaux militants. »

manif1ermaiDes militants donc qui ont profité des manifestations du 1er mai notamment à Brest et à Rennes (notre photo) pour présenter le programme des FPES. « Qui gagne moins qu'un travailleur ? Une travailleuse ! Qui perçoit moins qu'un retraité ? Une retraitée ! Qui touche moins qu'un chômeur ? Une chômeuse ! » C'est ainsi, d'après Françoise Morvan, qu'ils ont pu entrer en contact avec les manifestants ce jour-là et très rapidement faire comprendre leur engagement. Ce qu'ils et elles revendiquent : parler aux plus précaires, à celles qui travaillent à temps partiel, qui ne trouvent pas de crèche pour leurs enfants ou d'accompagnement pour les personnes âgées qui les entourent, etc.

Plus de 50% de la population européenne

« Les mesures d'austérité sont pénalisantes pour les femmes et on craint une accélération de leur précarité - dit encore Françoise Morvan – Le féminisme n'est pas une revendication catégorielle, c'est un projet de société qui concerne 51% de la population européenne actuelle. »

Un écueil toutefois, si les listes FPES seront bien présentes partout en France, elles seront absentes de tous les autres pays de l'Union hormis la Suède. Leur poids au Parlement Européen risque donc d'être relativement limité. C'est pourtant en réaction aux différents événement de ces derniers mois que ces femmes et ces hommes ont décidé d'aller à la bataille. Le rejet du rapport Estrela sur les droits sexuels et reproductifs en décembre 2013 suivi en mars du rejet du rapport Zuber concernant sur l'égalité femmes/hommes ont été les éléments déclencheurs, laissant penser que l'Europe était en pleine régression. Françoise Morvan dit vouloir lutter contre « la montée des fondamentalismes » en Europe mais aussi contre l'attitude de certains grands partis qui semblent ne plus soutenir l'égalité comme par le passé. « Il est temps – conclut-elle – que nous, féministes, nous prenions en main notre destin politique ! »

Néanmoins, la vice-présidente de la CLEF qui brigue dans quelques jours la présidence de la coordination, reconnaît que l'un des piliers fondateurs de l'Europe a bel et bien été l'égalité femmes/hommes et notamment du principe « à travail égal, salaire égal ». Mais elle regrette l'écart qui subsiste parfois entre les intentions et les actes : « même si c'est inscrit dans les textes, dans les faits, c'est moins facile ! » Elle compte sur les électeurs du 25 mai pour tenter d'insuffler un vent nouveau en Europe.

Geneviève ROY

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