« A Dinan, on peut dire qu'on a fait un tabac, avec 129 votes en trois heures ! » s'enthousiasme Jacqueline Lohat, responsable de l'association Femmes Solidaires de Saint-Malo.
Durant toute la période du 23 avril au 13 mai, l'association propose des votations citoyennes sur les marchés de la Côte d'Emeraude.

Si la date a été choisie pour célébrer le soixante-dixième anniversaire du premier vote des femmes, le 29 avril 1945, l'idée n'est pas nouvelle. Les femmes solidaires d'aujourd'hui se réclament de celles d'hier qui ont œuvré pour la reconnaissance des femmes comme citoyennes de pleins droits. Sur leur tract on peut lire quelques noms célèbres comme Olympe de Gouges ou Hubertine Auclert. Et Jacqueline Lohat se plaît à rappeler que déjà le 26 avril 1914, l'Union Française pour le Suffrage des Femmes organisait « une votation féministe et citoyenne dans de nombreuses villes bretonnes dont les résultats proclamaient : je désire voter ! »

En 2015, les femmes ont obtenu le droit de vote en France et pourtant, tout n'est pas gagné. Les bulletins que Femmes Solidaires leur propose symboliquement de déposer dans l'urne portent les mentions suivantes : « je vote pour l'implication des femmes dans toutes les élections, pour le droit de vote pour les femmes dans le monde entier et pour une parité et une égalité réelle dans tous les domaines de responsabilité »

C'est surtout l'occasion d'inciter les femmes « à s'impliquer dans les élections locales, pour aller voter d'une part et aussi pour être candidate » rappelle Jacqueline Lohat qui se réjouit de l'accueil reçu lors des premiers rendez-vous à Dinan et Saint-Malo.

L'occasion aussi de mettre en lumière quelques Bretonnes un peu oubliées qui ont marqué leur époque par leur lutte pour les droits des femmes. Jacqueline Lohat cite bien sûr Louise Bodin, la Bolchevique aux Bijoux ou encore Marie Le Gac-Salonne qui, depuis sa ville d'origine des Côtes d'Armor, Plancoët, milita pour l'éducation des filles et le vote des femmes. Deux femmes de plume dont les articles furent publiés dans la Pensée Bretonne, les Nouvelles Rennaises ou encore le Cri du Peuple.

L'association Femmes Solidaires qui fêtera ses soixante-dix ans l'an prochain à Saint-Malo, n'oublie pas ses origines. Fondée en 1945 au plan national sous le premier nom d'Union des Femmes Françaises, l'association était issue des comités féminins de la Résistance.

Il reste quatre dates pour pouvoir participer sur la Côte d'Emeraude :
le jeudi 7 mai à Saint-Malo sur le marché de Rocabey
le samedi 9 mai à Dinard aux Halles de la Concorde
le dimanche 10 mai à Cancale rue de la Marine
le mercredi 13 mai à Saint-Malo sur le marché de Paramé

Et d'autres rendez-vous partout en France à découvrir sur le site national de Femmes Solidaires.

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

martha

 

Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

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