Evelyne produit des desserts à l'avoine et Valérie du fromage de brebis ; Sophie fait des tisanes avec ses plantes aromatiques ; Rozenn fabrique de la bière et Elizabeth du jus de pommes.

Comme les autres femmes rencontrées par Mathilde Pilon, elles travaillent dans l'agriculture biologique en Ille-et-Vilaine.

La photographe a réalisé une série de quinze portraits de femmes qui se disent « paysannes », et non pas agricultrices, et qui cherchent à « mettre en cohérence leur projet professionnel, leur projet de vie et leurs convictions personnelles. »

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C'est Thérèse Fumery qui apparaît sur l'affiche de l'exposition. Avec une vache. Ce qu'elle a souhaité mettre en avant en acceptant de participer au projet de Mathilde Pilon, c'est « la relation avec les animaux » parce que, dit l'éleveuse laitière, « si on avait eu une ferme sans animaux, ça aurait été compliqué pour moi ».

Pour les autres femmes impliquées dans ce projet au long cours, que la photographe a débuté en 2016, le travail agricole a pris d'autres formes, d'autres chemins. Mais toutes défendent la même idée : elles ne sont pas agricultrices ou éleveuses mais avant tout elles sont des paysannes. « Pour moi, ça veut dire beaucoup de choses – argumente Thérèse Fumery - Je trouve que l'ancrage au territoire, au pays, est important. On ne fait pas ce métier-là sans avoir une relation au paysage, au terroir, donc au sol ! Quand on décide de se dire « paysan » c'est qu'on est en phase avec notre milieu. »

« On nous demande le patron au téléphone »

Pour Mathilde Pilon, le mot « paysanne » dit « les mains dans la terre, le respect de l'environnement et une alimentation saine ». Pour bien comprendre ce qui anime ces femmes, encore beaucoup moins nombreuses que les hommes dans les métiers agricoles, elle a passé du temps avec chacune d'elles. Ensemble, elles ont construit les images, choisi les lieux et les moments pour les prises de vue. Les photos sont parfois posées, souvent prises sur le vif dans le laboratoire ou sur le tracteur. En parallèle, Mathilde Pilon a écrit des portraits qu'elle a publié sur son blog.

DSCN1212Récemment reconvertie professionnellement pour devenir reporter photographe à temps plein, elle expose encore quelques jours ses photos au restaurant d'un magasin bio de Rennes. Un partenariat a double sens puisqu'il permet à la photographe de montrer ses travaux et aux commerçants de « montrer qui se cache derrière [ses] produits ».

Les femmes dans l'agriculture sont de plus en plus nombreuses et de mieux en mieux reconnues même si Thérèse Fumery avoue que « ce n'est toujours pas si évident que ça ! » « On nous demande encore le patron quand on décroche le téléphone » s'amuse-t-elle assurant qu'elle a trouvé des « méthodes » pour s'imposer. « Je pense que ça fait évoluer le métier – dit-elle encore – les femmes n'ont pas la même vision que les homme et ça fait du bien ! »

Montrer la place des femmes dans l'agriculture bio, c'était bien le but de Mathilde Pilon à l'origine de son projet. Et elle n'en a pas fini avec cette thématique. « Les femmes reviennent souvent dans mes projets – dit-elle – mon prochain reportage sera sur les femmes dans la voile ; après la terre, la mer ! »

Geneviève ROY

Photo : Mathilde Pilon au centre entre deux de ses "paysannes" , Thérèse Fumery à droite et Valérie Le Dantec à gauche

Pour aller plus loin : l'exposition « Paysannes » est à voir jusqu'au 21 novembre au restaurant Pique Prune de Scarabée Biocoop Cleunay, rue Eugène Pottier et du 28 novembre au 20 décembre au Pique Prune du magasin de Saint-Grégoire. On peut retrouver certains des portraits en ligne sur le blog de Mathilde Pilon

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