Depuis quelques semaines, l'ASEP cherche à rassembler toutes les associations militantes féministes de Rennes autour d'une cause qui lui est chère.

Créée en 2012, l'association s'est fixé comme objectif l'entraide et le partage avec les personnes les plus fragiles. Parmi celles-ci une bonne moitié de femmes – seules ou avec des enfants – et de nombreux-ses demandeur-se-s d'asile.

Aujourd'hui, c'est Rosine, jeune Congolaise de 23 ans victime de violences dans son pays, qui a besoin de soutien pour échapper à l'expulsion du territoire français.

 

ASEP

 

 

On y jardine, on y discute, on y apprend la couture ou le yoga... A l'ASEP, c'est surtout d'échanges et de partage que l'on parle. Pas de bénévoles et de bénéficiaires, « l'idée c'est de faire ensemble » insistent Alice et Christelle, deux membres rencontrées à une terrasse en centre ville. Et surtout, à l'ASEP on soutient les « sans » et notamment les personnes privées de logement pour qui l'association, en partenariat avec la ville de Rennes, trouve des solutions provisoires dans l'attente de logements sociaux.

Si la population qui forme l'association est mixte, les deux jeunes femmes font partie d'un groupe spécifique où se retrouvent les femmes, Françaises ou migrantes, avec ou sans papiers, avec ou sans travail... « Ces temps entre femmes nous donnent de l'énergie » se réjouit Alice qui apprécie les moments de partage autour d'une recette du bout du monde, de la cuisson du pain ou toute autre activité où les femmes vont s'apprendre les unes aux autres. L'an dernier, une migrante qui était infirmière dans son pays d'origine, avait partagé ses connaissances médicales pour que chacune apprenne à mieux connaître son corps.

Demande de soutien à Nathalie Appéré

« La situation de Rosine nous touche beaucoup - dit encore Alice à propos de la jeune Congolaise, demandeuse d'asile – c'est une de nos membres et elle est devenue notre amie ». Dans son pays d'origine puis au Gabon, en Ukraine et en Slovaquie, la jeune femme a connu les violences à répétition, les viols, la prostitution. Arrivée en France, elle se voit pourtant refuser le statut de réfugiée par la Cour Nationale du Droit d'Asile.

Dans une lettre ouverte à Nathalie Appéré, l'ASEP dénonce « l'inversion de la culpabilité » dont est aujourd'hui victime Rosine et estime « qu'elle devrait pouvoir vivre en France légalement » protégée par la loi. Elle souligne la forte mobilisation de Rennes, « ville phare dans l'engagement pour l'égalité femmes hommes ».

Depuis juillet, la jeune migrante est sous le coup d'une obligation à quitter le territoire français. Le 1er décembre, Rosine sera à nouveau devant le tribunal pour une demande de titre de séjour, déposée avant l'OQTF. Ses ami-e-s espèrent que la maire de Rennes aura pris en considération leur demande et sera intervenue pour empêcher le retour au Congo d'une jeune femme qui risque d'y subir à nouveau de graves violences. « Elle nécessite une prise en charge afin de la guérir de ses traumatismes - explique le courrier de l'ASEP - nous savons que c'est en France qu'elle pourra s'en guérir, éloignée du risque et de la peur de retomber sous le joug de son tortionnaire. »

Fortes de cette action qui leur a permis de se rapprocher des autres militant-e-s de Rennes, Alice et Christelle envisagent désormais de poursuivre l'ouverture de leur association vers les autres acteurs et actrices des droits des femmes.

Geneviève ROY

Pour soutenir Rosine, l'ASEP appelle à un rassemblement à Rennes le jeudi 1er décembre à 12h place de la République

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

martha

 

Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

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