C'est devenu un rendez-vous attendu de toutes celles et tous ceux qui en Bretagne se sont fait une priorité de l'égalité femmes/hommes. Après Brest (2006), Saint-Brieuc (2008) et Saint-Malo (2011), c'est donc à Lorient que la Biennale de l'égalité de la région Bretagne a posé ses valises cette année.

Au Palais des Congrès, face au port de plaisance et sous un soleil éclatant, deux jours c'était bien court pour tout voir et tout entendre.


facade

Ateliers, tables rondes, conférences se sont succédé dans les différentes salles et sous les chapiteaux où l'on pouvait aussi admirer des expositions, écouter des lectures de textes, assister à la projection de films et documentaires, participer à une démonstration de boxe ou à un jeu de rôle.

Les plus inspirés pouvait, à l'instar de la ministre Najat Vallaud-Belkacem, créer leur propre badge en faveur de l'égalité ; en extérieur tout au long des deux journées des marches et des flash-mobs ponctuaient les animations et vendredi soir un concert pique-nique permettait aux familles du quartier de prolonger la soirée.
atelierbadge

Economie, éducation, agriculture, santé, sport, migrations, culture, violence, etc. tous les domaines ont pu être évoqués en présence souvent des spécialistes les plus reconnus ; Catherine Louveau parlait de sport et Edouard Durand de violences conjugales ; Eliane Viennot assurait que « le masculin ne l'emporte pas toujours sur le féminin » et Brigitte Grésy s'interrogeait sur l'égalité professionnelle ; Catherine Vidal se demandait si le cerveau a un sexe et Nicole Abar s'il faut avoir peur de l'éducation à l'égalité. Et tant d'autres... le programme était riche et varié !

Coup de gueule et coup de cœur

On ne parlera pas de tout parce qu'on n'a pas pu tout voir. Mais dans les semaines qui viennent, Breizh Femmes reviendra sur certains sujets et sur certaines rencontres. En attendant, il restera de cette Biennale des impressions multiples et mitigées.

On retiendra que la parité en politique, même en Bretagne, ce n'est pas gagné notamment dans le Morbihan où les femmes ont encore bien du mal à trouver leur place.

On notera que lorsqu'un club de sport accepte d'ouvrir ses portes aux filles il y gagne en énergie positive et en joie de vivre à tel point que certains entraîneurs préfèrent accompagner les filles plutôt que les garçons ; et qu'une fille stagiaire sur un bateau de commerce doit se battre pour accéder au balai.

On poussera un coup de gueule contre ceux et celles qui n'ont toujours rien compris à l'égalité, qu'il s'agisse de la petite dizaine de manifestants massés devant l'hôtel de Police - drôle d'endroit pour une manif - ou de ce département dont on apprend qu'il ne finance pas la Biennale bien qu'il l'accueille sur son territoire.

On aura un coup de cœur pour la compagnie Impro Infini et son théâtre forum X = Y qui bouscule tous les stéréotypes.

tee-shirt

 

Enfin, on tirera un coup de chapeau à ces militantes de la Marche Mondiale des Femmes, invitées un peu surprise sur le parcours de la visite ministérielle ; elles ont offert un tee-shirt à Najat Vallaud-Belkacem qui, avec le sourire a spontanément posé avec elles devant la banderole.

C'était la fête, on croyait de tout était possible. Lundi il a fallu se rendre à l'évidence que beaucoup de travail est encore à faire, mais c'est écrit sur les badges restés épinglés au revers de nos vestes et on y croit : « l'égalité, ça change la vie ! »

Geneviève ROY

 

Sur le même sujet : Quelle visibilité pour les politiques publiques ?

 

Retrouvez la Biennale en photos :

celles du vendredi  et celles du samedi.

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

martha

 

Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

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