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Monteneuf se situe dans le Morbihan. A mi-chemin entre Rennes et Vannes. Dans cette petite commune de 800 habitants, il y a des Mégalithes et il y a les Egalithes.

Ce groupe de l'association Monteneuf Actions, créé en 2012, s'est donné pour objectifs de sensibiliser aux droits des femmes. D'abord le 8 mars, les actions se déclinent désormais aussi autour du 25 novembre, journée de lutte contre les violences faites aux femmes.

Pour Patricia Mauvoisin, présidente de l'association et fondatrice du groupe des Egalithes, ces rendez-vous sont essentiels. Elle est très fière d'être la seule association à en proposer dans le pays de Ploërmel, en territoire rural.

 

Vendredi soir, c'est la Compagnie Quidam qui viendra à Monteneuf présenter la pièce de théâtre « Je te veux impeccable ». Un sujet d'actualité en ce mois de novembre, puisque la pièce a été écrite à partir de l'histoire vraie de Rachel Jouvet et parle de violences conjugales. A l'issue de la représentation (gratuite) un débat s'ouvrira avec le public en présente de Rachel Jouvet mais aussi de Béatrice Moizo, présidente du CIDFF 56, et de Stéphanie Le Gal Gorin, chargée de mission à la Direction Régionale aux Droits des Femmes et à l'Egalité et spécialiste de la lutte contre les violences faites aux femmes.

Plus de freins qu'en ville pour parler des violences

Cette soirée, Patricia Mauvoisin l'a voulue non seulement pour interpeller sur cette question mais aussi pour diffuser de l'information notamment les numéros utiles et les noms des associations qui peuvent venir en aide aux femmes victimes. « Quand j'ai commencé à m'intéresser au sujet – se souvient-elle – j'ai été frappée de voir qu'une femme sur dix était concernée. » Elle qui travaille en mairie a désormais un objectif prioritaire : sensibiliser un maximum d'élu-e-s. Cette année, elle a rédigé un courrier pour les équipes municipales qu'elle a personnalisé en donnant pour chaque commune le nombre de ménages et donc le nombre de femmes victimes potentielles.

Il existe, estime Patricia Mauvoisin, des freins spécifiques pour aborder la question des violences conjugales en milieu rural. L'absence d'anonymat et l'éloignement des services et des associations rendent plus difficiles des demandes d'aides qu'on souhaite généralement discrètes.

Celle qui se présente comme une « féministe convaincue depuis longtemps » avoue qu'elle a mis du temps à entrer dans l'action. « Je ne m'étais jamais vraiment interrogée – dit-elle – sauf qu'à chaque 8 mars, je me disais qu'il y avait trop d'inégalités ; mais, je ne faisais rien ! » Et puis, en 2012, avec son association Monteneuf Actions, qui organise notamment la Fête de la Musique, elle « se lance dans le vide ».

Sensibiliser tout le monde, y compris les jeunes

Egalithes2Motivée, elle pense pouvoir « emmener plein de gens » avec elle mais est assez vite déçue par l'accueil qu'on lui réserve. C'était sans compter son obstination ; elle organise un premier rendez-vous en mars puis petit à petit parvient à fédérer. « On était deux au départ – raconte-t-elle – on est maintenant dix et il y a même un homme ! » Et chaque soirée regroupe entre quarante et soixante participant-e-s. « C'est encourageant – dit-elle – et nous avons de plus en plus d'hommes qui viennent. »

Et des jeunes aussi. Car Patricia entend bien sensibiliser tout le monde. En mars dernier, une soirée jeux organisée en partenariat avec l'auberge du village avait permis à un adolescent de trouver l'inspiration pour un slam sur l'égalité et du coup de gagner le premier prix du concours de son collège. En mars prochain, c'est sur la mixité des métiers que devrait porter la réflexion des Egalithes ; une occasion peut-être d'ouvrir un débat avec le collège du village ?

En attendant, Patricia Mauvoisin se réjouit que sa petite initiative puisse porter autant de fruits. Chaque soirée amène un public qui, pense-t-elle, ne se déplacerait pas sur ces questions si ce n'était pas une association de proximité qui les proposait ; par ailleurs, appartenir à une association généraliste permet au groupe des Egalithes d'évoquer les droits des femmes auprès de personnes « qui ne sont pas du tout convaincues par le sujet » et qui « entendent des choses ».

Geneviève ROY

Photos :

N°1 - Affiche du spectacle du vendredi 18 novembre à 20h à Monteneuf par la compagnie Quidam

N° 2 - La soirée jeux de mars 2016 à l'auberge de Monteneuf - photo les Egalithes

 

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Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

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Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

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