La Bretagne sera bientôt une des premières régions de France à bénéficier, à l'image de la région parisienne, d'un forum et d'un dispositif de mentorat destinés aux jeunes femmes qui nourrissent des projets dans le numérique.

Un temps fort au mois de mai mais aussi des actions pérennes qui visent à accompagner les porteuses de projets.

 

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Rencontre avec Cécile Vandorme-Martin, coordinatrice du projet.

Qu'est-ce que le Forum Jeunes Femmes et Numérique ?

Il existe déjà des associations ou des organismes qui accompagnent les femmes porteuses de projets d'entreprises et d'autres qui se spécialisent dans l'accompagnement de projets numériques. Le programme « Jeunes femmes et numérique » a pour objectif de regrouper les deux. C'est une sorte de pré-incubation.
Le programme vise à ouvrir le secteur du numérique soit en terme d'emplois soit en terme de créations de startups aux jeunes femmes. En effet, l'économie numérique connaît de grosses difficultés de recrutement de femmes car elles pensent souvent que ce n'est pas un secteur pour elles. De même, elles sont très peu nombreuses à choisir de créer leur propre startup dans ce domaine.
Ce programme qui a déjà connu deux éditions en Ile-de-France, se déroule en quatre grands moments. La première action est un forum professionnel adapté aux besoins du territoire avec la participation d'acteurs locaux. L'objectif est de renforcer et de concrétiser les projets des jeunes femmes, qu'elles soient étudiantes, en recherche d'emploi ou en reconversion. C'est l'occasion de présenter les différents métiers, les enjeux du numérique, les entreprises qui existent déjà et les modalités de création d'entreprises.
La deuxième grande action est ce qu'on appelle le startup lab qui est un accélérateur de startups féminines. Ensuite, nous avons un programme de mentorat dont l'objectif est d'identifier des demandeuses d'emploi qui auraient un projet de création ou qui souhaiteraient intégrer le numérique et de les accompagner durant quatre mois pour faire avancer leurs démarches. Nous aurons la possibilité d'en accompagner dix sur la région Bretagne.
Enfin, la quatrième action vise à travailler sur la rétention des talents féminins afin d'éviter leur départ de Bretagne.

Quel est votre calendrier ?

La plupart des actions se déroulent sur toute l'année. En Bretagne, le premier forum aura donc lieu le 13 mai prochain à Cesson-Sévigné, près de Rennes. A partir de là, les autres actions se mettront en place. D'autres forums de même nature vont se dérouler cette année dans d'autres villes notamment à Bordeaux, Lille ou Marseille. A Paris, le programme en est à son quatrième groupe de mentorat en deux ans.
En Bretagne, on a aussi l'objectif de travailler avec les entreprises « classiques » et de faire en sorte que les femmes déjà en poste puissent connaître le numérique pour accompagner la transition digitale dans leurs entreprises.

Qui sont vos partenaires en Bretagne ?

Dans le comité de pilotage nous avons bien sûr la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l'Egalité ou encore Rennes Métropole ou Rennes Atalante mais aussi des partenaires privés comme par exemple l'entreprise Technicolor qui accueillera notre forum sur son campus. Nous voulons qu'un maximum de femmes soient présentes le 13 mai, mais nous avons aussi besoin d'intervenants, de témoins, d'entreprises bretonnes plus pertinents au niveau régional pour donner du sens à ce forum. Le programme est porté par Social Builder, une startup sociale qui essaime sur tout le territoire français. On part dans chaque lieu d'une trame commune mais on l'adapte à la région. On travaille aussi avec Pôle-Emploi et l'APEC pour identifier des profils de femmes ciblées par ce projet.

Propos recueillis par Geneviève ROY

Pour mémoire : les femmes dans le numérique
En France, selon le Syntec numérique, seules 10% des startups sont dirigées par des femmes, avec un taux de réussite de plus de 85%.
Il n'y a que 27% de femmes dans ce secteur, contre 48% pour le reste de l'économie.
Seulement 15% de femmes occupent des postes numériques.
Seuls 27% des diplômes d'ingénieurs sont délivrés à des femmes.

La liste des partenaires : Eliga, DRDFE Bretagne, Rennes Métropole, Rennes Atalante, Pôle Images & Réseaux, Technicolor, Maison de l'Emploi et de la Formation, French Tech Rennes St Malo, Association Breizh Small Business Act, Femmes de Bretagne, Centrale Supélec, Telecom Bretagne, Eqwall, TŸKAZ - le Pressing Connecté...

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

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Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

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