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Chaque année au mois de novembre, la ville de Rennes célèbre largement la Convention Internationale des Droits de l'Enfant ratifiée par la France en 1989.

Par ailleurs, Rennes a reçu en 2003 le label de l'UNICEF "ville amie des enfants".

Pour l'année 2016, la capitale bretonne s'apprête à aller plus loin en matière d'éducation avec l'adoption d'une Charte de la Bientraitance initiée par deux jeunes femmes férues de pédagogie, Flavie Piriou et Coralie Salaun.

 

Actuellement en cours d'instruction – et notamment de présentation auprès du grand public grâce à une pétition de soutien – la Charte de la Bientraitance de la ville de Rennes devrait être adoptée par le Conseil Municipal courant 2016.

A destination des enfants, cette Charte devrait être diffusée par le biais des écoles et des centres de loisirs - « tous les endroits où les gens sont au contact des enfants » - mais s'adresse principalement aux parents. Pour Coralie Salaün, il n'est pas question de remettre en cause leur éducation mais plutôt de les accompagner notamment grâce à la mise en place d'ateliers.

Si Flavie est maman de deux jeunes enfants, et à ce titre déjà fortement impliquée en matière d'éducation, Coralie, elle, avoue sans en dire plus que c'est son enfance « maltraitante » qui la pousse à agir. Toutes deux adeptes de pédagogie, elles se disent inspirées par des pédagogues de renoms comme Maria Montessori ou Célestin Freinet. « Il y a plein de choses qui m'inspirent dans tout ça » dit Coralie, auteure-photographe habituée à mener des projets dans les écoles.

Vers l'interdiction de la fessée

Les deux jeunes femmes peuvent sans doute craindre que leur initiative ne soit pas toujours comprise. Mais elles ont reçu d'emblée la bénédiction municipale et espèrent un lancement très officiel de la charte qui pourrait faire des émules dans d'autres villes de France.

Derrière ce projet, bien sûr, Flavie et Coralie se battent pour l'adoption d'une loi nationale interdisant les châtiments corporels et « tout ce qui va avec : les humiliations, les punitions, la violence psychologique. » Malgré la ratification en 1989 de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, la France garde dans sa législation un « droit de correction » que lui reproche notamment le Conseil Européen, et qui a disparu dans la majorité des pays européens.

Ensemble, Flavie et Coralie ont défini une liste de mots clefs qui commence par « amour inconditionnel » et se termine par « transmission » en passant par l'empathie ou encore la valorisation. Leur objectif est de « faire reconnaître les besoins de l'enfant. » Parce que, pensent-elles, les enfants sont des personnes à part entière qui doivent être considérés à égalité avec les adultes. « Agissons avec eux comme on aimerait qu'on agisse avec nous » dit notamment la Charte ou encore « Les émotions des enfants sont authentiques et précieuses ; elles méritent d'être respectées, entendues et accompagnées, la colère autant que la joie, la tristesse autant que la peur. »

Geneviève ROY

Pour aller plus loin : lire le projet de Charte de la Bientraitance

 

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