Dimanche 21 septembre, l'équipe de Nationale 1 du Saint-Grégoire Rennes Métropole Handball débutera sa nouvelle saison avec un match à domicile contre Bergerac.

A l'occasion de la présentation de la nouvelle équipe, composée d'anciennes et de nouvelles joueuses, Marion, Manon et Mélina ont accepté avec beaucoup de bonne humeur de nous dire comment elles conjuguent sport de haut niveau et études supérieures.

 

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« En Ille-et-Vilaine, il n'y a pas énormément de joueuses » relève Marion, 25 ans qui a débuté le handball dans ce même club de St Grégoire RMH à l'âge de neuf ans. Pourtant, son équipe, aujourd'hui en Nationale 1, est reconnue pour son dynamisme. Quand on entend le président, Vincent Guyomard, présenter les joueuses, on comprend vite que la proximité d'un site universitaire comme celui de Rennes est pour ces jeunes filles un attrait non négligeable. « Rennes offre de nombreuses formations universitaires – analyse Marion – ça permet à beaucoup de jeunes de venir ; elles sont très investies, elles ont envie de se donner et d'atteindre un haut niveau, du coup le club joue beaucoup aussi sur la formation des jeunes. »

Les jeunes, l'avenir du club !

equipeParmi les plus jeunes, Manon a rejoint le club l'an dernier. Venue du Finistère, la jeune fille entame sa deuxième année universitaire en STAPS et vise le concours d'entrée en école de kiné. Même si parfois, elle reconnaît qu'il est difficile de concilier vie personnelle, études et sport de haut niveau, Manon trouve son équilibre auprès de son équipe de hand. « Ce club a été un coup de cœur pour moi – raconte-t-elle, un peu timide – J'ai gardé un grand souvenir de mon intégration l'année dernière parce que les « anciennes » m'ont bien accueillie. »

Il est vrai que la vie d'équipe prend beaucoup de temps entre les deux heures d'entraînement quatre soirs par semaine et les matches chaque week-end qui avec les déplacements peuvent occuper une journée entière. Sans compter les soirées de représentation notamment avec les sponsors. Mais les filles semble-t-il en redemandent et se retrouvent entre elles régulièrement pour des temps de convivialité et d'échange. C'est peut-être aussi ça le sport collectif ! « Si j'arrive à progresser – explique Manon – c'est grâce aux autres filles autour de moi. J'aime bien être avec des plus grandes ! » « Je forme Manon tous les jours – dit encore Marion dans un rire – Et c'est l'avenir du club ! »

De son côté, Mélina, capitaine de l'équipe, reconnaît qu'elle n'aurait pas choisi un sport individuel. « Etre avec des copines, c'est comme ça que ça commence » résume-t-elle. A 22 ans, elle est sans doute celle qui a débuté ce sport au plus jeune âge. Maman était déjà joueuse et la petite Mélina a mis les pieds pour la première fois sur un terrain de hand à l'âge de quatre ans.

Le choix d'une vie professionnelle

filles2Si Mélina regrette le peu de reconnaissance des équipes féminines de sport collectif, elle estime que les choses sont en train de changer « doucement ». Ses vœux pour cette nouvelle année sportive sont que « le club continue à grandir, qu'il y ait de plus en plus de public à venir pour augmenter la visibilité de l'équipe et donc les moyens financiers ! » Actuellement en Master 2 en Sciences Sociales et Sport, elle se destine donc a une carrière de « chargée d'études dans le champ socio-sportif ». C'est peut-être grâce à des jeunes filles comme elle que la place du sport pourra bientôt
évoluer.

L'avenir pour Mélina et les autres, un jour, se fera sans le handball. « Il faut se faire une raison » dit la jeune capitaine avec philosophie. D'ailleurs, aucune d'entre elles n'envisage par exemple de devenir entraîneure, un job qu'elles laissent volontiers aux garçons.

Marion, en stage actuellement au Centre Eugène Marquis au CHU de Rennes, termine ses études et sera prochainement demandeuse d'emploi dans le domaine de la recherche médicamenteuse. Pour elle, c'est déjà un dilemme qui s'annonce. « Si en janvier je n'ai pas trouvé de travail ici – dit-elle une pointe d'angoisse dans la voix – je devrai partir sur Paris mais je sais déjà que ce sera difficile. » En attendant, comme ses coéquipières, elle a signé pour une nouvelle année au St Grégoire RMH où elle joue depuis 1994 et où reconnaît-elle « les coachs m'ont toujours accordé leur confiance et m'ont aidée à me construire. »

Geneviève ROY

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Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

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Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

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