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On imagine volontiers à la tête des hôpitaux d'anciens professeurs de médecine au crâne dégarni ; des hommes, bien sûr ! Stéréotypes !

Ceux et celles qui forment la promotion 2015/2016 d'élèves directeurs et directrices d'hôpitaux (EDH) de l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique de Rennes (EHESP) sont à quasi parité ( 35 femmes pour 33 hommes) ; ils et elles ont trente ans de moyenne d'âge et pour la plupart n'ont pas fait d'études de médecine mais plutôt de sciences politiques ; ils et elles viennent de choisir pour baptiser leur promotion une figure emblématique du féminisme : Simone Iff.

A sa suite, Anne-Sophie, Charly et leurs camarades s'engagent à servir les droits des femmes dans le domaine de la santé et notamment l'accès pour toutes à la contraception et à l' IVG.

 

Très officiellement, le 23 novembre dernier, la promotion des EDH a été baptisée sous l'œil attentif de Marianne Iff, la fille aînée de la militante disparue voilà un an. Pour symboliser leur engagement en faveur de la santé des femmes, les élèves directeurs et directrices d'hôpital avaient organisé une table ronde à laquelle participaient plusieurs représentantes nationales du Planning Familial, organisme dont Simone Iff fut la première femme présidente de 1973 à 1981.

« Donner du sens à nos futures actions

pour plus d'égalité

et d'accessibilité aux soins »

Comme l'affirment Charly Margerin et Anne-Sophie de Lima Lopes, deux des huit délégués de la promotion EDH, le choix du nom de Simone Iff n'est pas anodin mais engage chacun-e pour sa vie professionnelle au sein des hôpitaux de France.

« On a voulu - disent-ils – rendre hommage à son engagement, à son travail pour le droit à l'accès à la contraception et à l'avortement, mais surtout pour son action pour que ce droit soit effectif. On a voulu saluer le dévouement d'une militante pour les femmes mais aussi pour la santé publique. » Un dévouement, avouent-ils dans lequel ils se sont « un peu reconnus ».

Anne-Sophie et Charly, comme leurs camarades de promotion ne sont pas naïfs. Ils savent que beaucoup de travail reste à faire. Leur choix c'est aussi une façon de « donner du sens à [leurs] futures actions pour plus d'égalité et d'accessibilité aux soins. » Ils défendent l'idée que l'hôpital public doit « veiller à ce que chaque femme, quelle qu'elle soit et d'où qu'elle vienne, quelles que soient ses conditions de vie, ses choix, sa situation, puisse avoir accès à son droit à l'avortement dans un hôpital avec tout le respect qui lui est dû ! » Derrière ce combat pour plus d'égalité hommes/femmes, les deux étudiants veulent « défendre l'égalité sociale de santé » tout simplement.

« S'effacer au profit des soignants

et des patients »

Au moment de choisir le nom de baptême de leur promotion, la question « sommes-nous pour ou contre l'IVG ? » ne s'est, disent-ils, jamais posée. « Chacun-e a ses convictions mais c'est un droit acquis qu'il est important qu'on préserve. »

Quant à la personnalité, elle-même, de Simone Iff, Charly et Anne-Sophie la compare un peu à leur propre destin. « On connaît Simone de Beauvoir, on connaît Simone Veil – disent-ils – mais on oublie souvent Simone Iff. Le directeur d'hôpital, lui aussi, est quelqu'un de l'ombre, qui sait s'effacer au profit des soignants et des patients. » Une façon également de mettre les femmes à l'honneur alors que les équipes de direction des hôpitaux sont en pleine féminisation.

Investis par leur marraine, les EDH de la promo Simone Iff, se sont déjà engagés auprès du Planning Familial 35 et soutiennent une opération d'achat de serviettes pour les consultations gynécologiques destinées à couvrir les femmes qui le souhaitent. A l'occasion de leur soirée de baptême, ils ont également voulu « commencer à réfléchir aux enjeux organisationnels de l'IVG à l'hôpital ». Une question plus que jamais d'actualité en France et dans toute l'Europe.

Notons enfin que la promotion Simone Iff fait suite à la promotion Denis Mukwege , nom choisi par les EDH de 2014/2015. Comme un vent d'espoir en faveur des femmes qui soufflerait sur l'EHESP !

Geneviève ROY

Voir aussi le site de la promotion Simone Iff

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

L'action sociale derrière les murs

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Nous avions rencontré Charline Olivier en décembre 2016 pour la publication d'un premier livre. Elle signe aujourd'hui un deuxième ouvrage, récit de ses deux années d'expérience professionnelle au centre pénitencier de Rennes-Vezin.

Malgré un titre un peu austère - « Derrière les murs : surveiller, punir, réinsérer ? » c'est un ouvrage plein d'humanité dans lequel l'assistante sociale livre une nouvelle série de rencontres.

Des récits vivants, qu'elle retranscrit le week-end, une fois sa semaine de travail terminée, un œil sur ses enfants qui jouent à côté. « Dans mon cerveau, il y a comme un magnéto – dit-elle – il y a des entretiens où le bouton rouge s'allume et je sais que celui-là, je vais l'écrire... »

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