Christiane David est sage-femme à la clinique de la Sagesse à Rennes. Pendant de nombreuses années, elle s'est battue avec l'association Maisoùnaiton pour obtenir une maison de naissance qui permette aux parents de mieux préparer la naissance de leur enfant et de l'accueillir dans un cadre le moins médicalisé possible.

Avec l'association l'ATEP, elle a animé en octobre 2017 une formation pour des sages-femmes tunisiennes. Une rencontre qui l'a bouleversée.

 

 

Christiane

 

 

 « Ce que les femmes, ça m'a beaucoup touchée » témoigne Christiane David de retour de son séjour en Tunisie. La formation qu'elle y a dispensée lui a, dit-elle, beaucoup apporté. Elle y a rencontré des sages-femmes d'expérience - « certaines avaient encore plus d'expérience que moi » - qui se disaient « blasées, maltraitées, pas considérées » à la limite de l'épuisement et de la détresse. La sage-femme rennaise décrit des maternités aux « couloirs gris, sombres, sans décorations, des bâtiments bruts vieux ou pas entretenus. »

« Les sages-femmes sont là – dit-elle encore – elles tiennent la boutique ! Elles ont un boulot de titan... Avec deux tables d'accouchement dans la même pièce ! Et pas de matos ! De quoi avoir du désarroi et de la colère... Celles qui sont venues à la formation étaient en demande ; je ne sais pas si elles savaient exactement de quoi. On a pu partager ça et c'était vraiment touchant. C'était une rencontre humaine extraordinaire. Certaines n'avaient jamais parlé de ce qu'elles vivent au travail. "C'est la première fois qu'on s'occupe de nous, qu'on nous demande comment on va au travail" nous ont-elles dit. On s'est fait du bien ensemble ! Parce que ça fait du bien de parler de son métier, de ses passions, de tout ce qui nous anime. »

« On voyait son âme dans ses yeux et ses paroles »

Fatma Safi, présidente de l'ATEP, peut témoigner quant à elle de « l'amour presque maternel » de Christiane pour ses stagiaires. « Elles sont redevenues des petites filles – dit-elle – parce qu'il y avait quelqu'un pour prendre soin d'elles. Christiane était là, ouverte ; on voyait son âme dans ses yeux et dans ses paroles ! »

La formation proposée par l'ATEP a permis à ces femmes dévalorisées dans leur travail de regarder les choses, selon Christiane David, de « façon plus apaisée ». Maintenant, pense-t-elle « ça va diffuser tout doucement » même si « elles ne vont pas changer les murs de leurs maternités ». Elle les a aussi mises en garde : « protégez-vous ! » Pour ces femmes en recherche de reconnaissance professionnelle, pas question « de se brûler les ailes ». elles doivent faire évoluer leurs pratiques mais sans prendre de risques personnels « Elles sont dans un système où elles n'ont pas le pouvoir » rappelle Christiane David, qui dit « avoir hâte » de les retrouver en mars.

Geneviève ROY

Lire aussi le portrait de Fatma Safi, présidente de l'ATEP

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Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

L'action sociale derrière les murs

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Nous avions rencontré Charline Olivier en décembre 2016 pour la publication d'un premier livre. Elle signe aujourd'hui un deuxième ouvrage, récit de ses deux années d'expérience professionnelle au centre pénitencier de Rennes-Vezin.

Malgré un titre un peu austère - « Derrière les murs : surveiller, punir, réinsérer ? » c'est un ouvrage plein d'humanité dans lequel l'assistante sociale livre une nouvelle série de rencontres.

Des récits vivants, qu'elle retranscrit le week-end, une fois sa semaine de travail terminée, un œil sur ses enfants qui jouent à côté. « Dans mon cerveau, il y a comme un magnéto – dit-elle – il y a des entretiens où le bouton rouge s'allume et je sais que celui-là, je vais l'écrire... »

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