C'est un nom qui revient à chaque fois. Christine Lallement, Catherine Louveau, Jean-François Botrel, tou-te-s en ont parlé dans leurs conférences récemment à Rennes dans le cadre des journées du mois de mars. Dès qu'on planche sur l'histoire du sport en France ou sur le rapport des femmes aux pratiques sportives, on se retrouve face à elle.

On apprend dans les mêmes temps qu'elle fait partie d'une liste qui fera prochainement l'objet d'une délibération du Conseil Municipal de Rennes concernant l'attribution des noms de rues ou de lieux publics.

Une belle occasion pour en savoir plus sur Alice Milliat, dont on croit comprendre qu'elle a joué un rôle essentiel au début du 20ème siècle dans l'accès des femmes au monde du sport pourtant très masculino-centré.

 

Milliat

A Nantes, où elle est née en 1884 dans une famille d'épiciers, les Million, une salle du gymnase Pierre Quinon et une résidence universitaire portent son nom. Nageuse et hockeyeuse, Alice Milliat (du nom de son mari, un jeune Nantais épousé à Londres en 1904 et qui décède quatre ans plus tard) est surtout rameuse et défend l'idée du sport « par et pour les femmes ».

Avec quelques autres féministes, elle fonde en 1917 la Fédération des Sociétés Féminines Sportives (la FSFS) dont elle devient présidente en 1919. La même année, elle organise le championnat de France de football féminin. Son désir de faire reconnaître les femmes dans le monde du sport dépasse les frontières puisqu'elle milite activement pour leur participation aux Jeux Olympiques. Face au refus du Comité Olympique, elle décide de mettre en place elle-même des compétitions internationales et crée les premiers Jeux Mondiaux Féminins à Paris en 1922. La seconde édition organisée en Suède en 1926 finira de convaincre le CIO qui autorise enfin les femmes à participer à certaines épreuves des JO d'Amsterdam en 1928.

Aujourd'hui, une fondation pour soutenir les sportives

Alice Milliat, malade, se retire du sport en 1935. Elle meurt à Paris en 1957 et est inhumée à Nantes. Il paraît que son nom n'apparaît même pas sur sa tombe. Au cimetière de Saint-Jacques au sud de la ville, c'est dans un caveau de la famille Bervet, la branche maternelle d'Alice Milliat, qu'elle repose désormais.

Mais son action se poursuit. Depuis mars 2016, la Fondation Alice Milliat s'est donné pour objectif de contribuer à la médiatisation et au développement du sport féminin. C'est la journaliste et écrivaine Christine Kelly qui décide de la fonder après avoir trois ans plus tôt été à l'origine des « 24 heures du sport féminin » dans les médias.

A ce jour, la fondation Alice Milliat est la première fondation européenne pour le sport féminin. Ces responsables préparent actuellement le Challenge 2017, deuxième édition d'une course européenne connectée. Pour participer, il suffit de courir seule, entre ami-e-s ou en famille, la distance de son choix, à l'heure de son choix, en se connectant via une application sur son smartphone.
Pour en savoir plus et/ou participer : consulter le site de la fondation ou la page facebook du challenge.

G.R.

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

martha

 

Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

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