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« C'est une démarche très collective » précise d'emblée Daniel Huet, le maire de Monteneuf, petite commune du Morbihan qui revendique sur son site 800 habitant-e-s.

S'il ne cache pas sa détermination personnelle à voir avancer l'égalité entre les femmes et les hommes, l'élu tient à s'entourer de sa première adjointe et de la secrétaire de mairie pour évoquer la signature début juillet d'une convention relative à l'égalité dans la communication publique.

Une étape dans une politique plus large que l'équipe municipale espère voir faire « tache d'huile » dans les communes avoisinantes.

 

Concrètement, ce sont les courriers, les mails, la lettre communale adressée aux administré-e-s qui vont le plus rapidement prendre un nouveau visage avec le respect du guide pratique. Le reste prendra un petit peu plus de temps ; « on va réécrire tous nos documents au fur et à mesure » explique Lucie Houeix, la secrétaire de mairie, qui souligne que c'est aussi au sein des réunions et des commissions de travail que la commune s'engage pour plus d'égalité entre les femmes et les hommes.

A Monteneuf, il y a des gens que « ça fait rigoler ». Daniel Huet, le maire, est conscient de ne pas faire l'unanimité en mettant en avant la question de l'égalité femmes hommes dans la politique municipale. Mais, dit-il « c'est ce genre d'initiatives locales, de proximité, qui peut faire changer les mentalités ». Danielle Bousquet, présidente du Haut Conseil à l'Egalité, est venue lui apporter son soutien début juillet à l'occasion de la signature de la convention pour une communication publique sans stéréotypes de sexe. En adoptant cette convention, la petite commune de Monteneuf devient la deuxième ville – après Brest – à entrer dans le dispositif en Bretagne. [La région Bretagne et la Préfecture du Morbihan font également partie des signataires – ndlr]

 

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« On fait partie des petites communes qui s'engagent » reconnaît fièrement Marie Autret, la première adjointe. Et cette volonté de rendre réelle l'égalité, l'équipe municipale entend bien la communiquer à toute la communauté de communes de l'Oust à Brocéliande dont elle fait partie. « On va d'abord expliquer notre démarche – dit l'élue – et on espère ensuite faire tache d'huile en faisant adopter la convention aux autres aussi ».

Du chemin à parcourir jusqu'à la parité

A l'occasion du travail entrepris par Daniel Huet et son équipe depuis plusieurs années pour redéfinir le projet de développement et les orientations de la commune, « la question de l'égalité entre les femmes et les hommes s'est posée naturellement » explique le maire. Peut-être grâce à l'association les Egalithes, très active sur le territoire, cette thématique est porteuse à Monteneuf, plus qu'ailleurs. Lorsqu'il a voulu constituer sa liste électorale, Daniel Huet se souvient avoir « vu beaucoup de femmes » auxquelles il souhaitait proposer de se joindre à lui. Pourtant, il a eu du mal à en réunir suffisamment et il doit se contenter d'un conseil municipal « presque » paritaire : six femmes et huit hommes dans l'équipe. Au bureau, en revanche, on compte trois femmes pour deux hommes !

« Avoir la parité autour de la table, je pense que c'est beaucoup mieux – plaide l'élu – mais on voit bien qu'il reste du chemin à parcourir et que nous sommes tous enfermé-e-s, hommes comme femmes, dans des stéréotypes féminins ou masculins. Quand j'allais dans les familles, je venais pour m'adresser à la femme et souvent je repartais avec une proposition de l'homme parce que jusqu'à présent c'est sur lui que reposent les affaires de la collectivité. » Et la situation est encore moins encourageante du côté de la communauté de communes. « Sur quatorze personnes, il n'y a que deux femmes – se désole Daniel Huet – le sujet a bien été abordé avant les élections, mais les hommes sont restés en place ! »

Si elle marque une date symbolique, la signature de la convention n'est qu'une partie du travail de la municipalité de Monteneuf. La prochaine étape sera comme l'indique Marie Autret « un état des lieux des associations pour voir comment y sont représentés les femmes et les hommes et avoir une vision plus claire de la réalité. » Et peut-être ajoute la première adjointe, enthousiaste, il y aura-t-il « de bonnes surprises » !

Geneviève ROY

Photos : signature de la convention le 4 juillet dernier en présence de Danielle Bousquet, présidente du Haut Conseil à l'Egalité et de l'équipe municipale de Monteneuf (photos commune de Monteneuf)

Pour aller plus loin :
Extrait du préambule de la convention d'engagement pour une communication sans stéréotypes de sexe : « en tant que responsable public.que, je reconnais l'importance de prévenir et faire reculer les stéréotypes de sexe dans la communication publique, en interne comme en externe. Je m'engage à ce que l'institution publique que je représente adopte ce Guide pratique, le diffuse à ses agent.e.s, en particulier à celles et ceux en charge de la communication, et le mette à disposition, le cas échéant, sur la plate-forme intranet. Je m'engage également à ce que ce Guide pratique soit transmis aux prestataires extérieur.e.s conduit.e.s à communiquer ou élaborer des communications pour le compte de l'institution que je représente. »

Pour en savoir plus, se reporter au site du Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes.

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On reste en contact

Grâce à cette rubrique, retournons à la rencontre de femmes qui à un moment de leur parcours ont déjà croisé notre webmagazine depuis sa création en juin 2013...

 

Martha et les "enfants ACZA"

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Depuis sa création, Breizh Femmes s'intéresse au travail de Martha Diomandé et de son association ACZA qui milite contre l'excision. Pour elle, s'opposer à l'excision, c'est d'abord accompagner les matrones – les exciseuses - vers d'autres pratiques qui permettent de respecter les traditions et d'assurer la formation des petites filles tout en se débarrassant de l'acte mutilant. C'est aussi proposer à ces femmes de rester des membres reconnues de leurs communautés.

Grâce à des campagnes de formation et à la construction de cases de naissance, ACZA est présente dans une quinzaine de villages en Côte d'Ivoire où commence à grandir une nouvelle génération d'enfants qui ne seront jamais excisées et de femmes épanouies dans leur mission d'accoucheuses.

« On ne force personne à venir accoucher dans nos cases – explique Martha Diomandé qui a répondu à quelques questions – mais les femmes qui viennent savent que leur enfant ne pourra pas être excisée. C'est un acte de courage pour elles de s'afficher ainsi. Leurs enfants appartiennent en quelque sorte à l'association. On les appelle les "enfants ACZA" ».

Lire l'interview de Martha Diomandé

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